Simple It, le Blog

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Le Livre du Zéro à l’IAI Cameroun

Il y a quelques mois déjà, nous avons offert plusieurs exemplaires des 4 premiers titres de la collection Livre du Zéro à la bibliothèque de l’Institut Africain d’Informatique (IAI) au Cameroun, grâce à Rémy Hubscher et Mohamadou, deux élèves de l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM).

Nous n’avions pas encore eu l’occasion de vous parler de ce joli projet de partage des connaissances.

Conférence sur l'Internet de demain à l'IAI Cameroun

Conférence sur l’Internet de demain à l’IAI Cameroun

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La peluche Zozor : de l’idée à la fabrication

Depuis plusieurs jours déjà, vous avez pu voir qu’une peluche à l’effigie de Zozor a pris place dans la boutique du Site du Zéro.

Quand j’ai commencé à travailler pour Simple IT, il y a plus d’un an maintenant, le projet de transformer Zozor en peluche était déjà lancé. Pierre et Mathieu avaient cette idée en tête depuis un certain temps, mais faute de temps, n’avaient pu la concrétiser. Et du temps, c’est justement ce qui était nécessaire pour donner naissance à cette petite peluche !

Zozor, la mascotte du Site du Zéro

Zozor a fait son apparition sur la bannière du Site du Zéro en 2005. A l’origine, la mascotte était un délire des créateurs du site. C’était une vache broutant de l’herbe. Puis pour coller plus à l’esprit du Site du Zéro, elle s’est transformée en âne.

Bannière du Site du Zéro avec Zozor

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La création : toute une aventure

Pour poursuivre le précédent billet, je vais maintenant détailler la phase de création de Simple IT. Cela commence en été 2006, environ 6 mois après la sortie et le succès de la nouvelle version du Site du Zéro. Elle se termine quelques mois plus tard, en janvier 2007, par la déclaration officielle de la société Simple IT.

La période de réflexion

A partir de l’été 2006, Mathieu et moi étions dans cette phase de doute, ne sachant pas encore comment le Site du Zéro allait évoluer. Nous nous sommes rapidement convaincus qu’une structure légale était nécessaire pour poursuivre l’aventure. En effet, avant Simple IT, toutes les sommes d’argent générées par les publicités et absorbées par l’hébergement et les serveurs dédiés transitaient sur le compte courant personnel de Mathieu. Ce n’était pas simple à gérer ni très logique vu l’ampleur que venait de prendre le site. A ce stade on a normalement une structure spéciale pour une telle activité.

Cette phase de réflexion a duré quasiment 6 mois afin d’aboutir réellement en janvier 2007 sur la création de la société. En règle générale, cette phase peut même durer beaucoup plus longtemps. Dans notre cas, l’activité étant déjà lancée, l’analyse et la réflexion ont été largement raccourcies.

Le choix final : la SARL

Nous avions plusieurs choix de structure qui s’offraient à nous :

  1. Une association : c’est très peu cher et facile à créer. Cependant, nous savions dès le départ que nous voulions à terme nous rémunérer de cette activité. Faute de quoi, nous serions obligés de travailler après la fin de nos études, ce qui signerait certainement la fin de l’aventure. Les gérants d’association ne peuvent se rémunérer que dans des cas très spécifiques et réglementés. Autrement dit, nous avons écarté cette possibilité.
  2. Continuer comme avant : le problème se posait au niveau de la loi et du fisc. Nous souhaitions également poser officiellement notre part de ce travail et nous lier mutuellement afin que chacun ne parte pas du jour au lendemain. En effet, l’un sans l’autre ne pouvait maintenir le Site du Zéro à lui tout seul.
  3. Devenir indépendant : il s’agit du régime des micro-entreprises. Malheureusement, cela est réservé à des entreprises individuelles. Nous étions plutôt partis sur une répartition équitable de la structure et de ses responsabilités.
  4. Créer une société : c’est la solution choisie car elle possède tous les avantages requis. En contrepartie, elle coûte plutôt cher (en impôts et en taxes).

Enfin, il existe plusieurs formes de sociétés. Je ne citerai que les principales malgré le fait qu’il en existe un grand nombre :

  1. L’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) : il s’agit d’une entreprise à une seule personne, ce qui ne convient pas dans notre cas. C’est en gros l’équivalent d’une SARL qui ne peut être gérée que par une personne.
  2. La SAS (Société par Actions Simplifiées) : c’est un statut réservé aux entreprises déjà plus importantes. Elle est souple et puissante mais nécessite une administration trop contraignante.
  3. La SARL (Société A Responsabilité Limitée) : c’est la forme de société commerciale la plus commune en France. Elle est simple, pratique et c’est (relativement) une des moins coûteuses.

Nous avons finalement choisi la SARL en nous associant, Mathieu et moi, à hauteur de 50% du capital chacun. L’égalité est parfaite mais peut être bloquante en cas de mésentente sur une décision. Par exemple, si Mathieu veut acheter un nouveau serveur mais que je ne le souhaite pas, nous ne pouvons pas décider car chacun a le même poids (50 %) dans la société. Bien sûr, pour un serveur, ce n’est pas grave mais cela peut le devenir sur une décision majeure.

La rédaction des statuts

Nous nous sommes penchés sur les statuts, c’est-à-dire le document présentant la société, son activité, ses propriétaires (on parle d’actionnaires) ainsi que son règlement intérieur. Nous avons fait rédiger ce document par un avocat spécialisé en droit des sociétés afin d’être sûr de la validité des statuts, véritable socle pour l’entreprise. Fort heureusement, via des connaissances, nous avons pu obtenir cette rédaction à un prix très modeste, soit 300 € (comptez 1 000 € normalement).

Nous en avons profité pour inclure une clause pour éviter les blocages. En cas de décision impliquant une somme importante, nous devons être tous les 2 d’accord. En contrepartie, pour les sommes plus modestes, chacun peut décider librement sans attendre l’aval de l’autre. C’est donc beaucoup plus rapide, ce qui est important au quotidien. Après quelques relectures, le document était prêt en quelques semaines.

La réflexion sur les droits d’auteur

Comment gérer le transfert des droits de Mathieu et moi vers la société ? En effet, nous voulions intégrer le Site du Zéro comme produit de la société. Celle-ci a donc besoin des droits d’exploitation de ce site. Cela recouvre les droits des cours rédigés par Mathieu et aussi du logiciel qui gère le site que j’ai en grande partie développé.

N’étant pas spécialistes du droit français, nous avons demandé l’aide d’un avocat qui a rédigé un contrat de cession des droits d’exploitation des cours et du logiciel. Ainsi, la société a acquis l’intégralité de ces droits, nous laissant complètement démunis. :( Fort heureusement, la société nous appartient également, cela revient donc au même pour nous ! Cette manoeuvre un peu surprenante (se vendre à soi-même ce qu’on a réalisé) pourrait faire penser à une “magouille” mais il n’en est rien. Nous avons fait valider cette opération auprès de notre expert-comptable et il s’est avéré que c’était une opération assez courante et en aucun cas gênante. Cela tombait bien, ça nous arrangeait pour légaliser les droits.

Le nom de la société

Logo Simple IT SARL Le nom du Site du Zéro a été choisi en 30 secondes à l’époque mais cela n’a pas été le cas pour Simple IT ! Nous nous sommes réunis virtuellement autour d’un tableau blanc en essayant de formuler le plus de noms possibles. A la fin, nous avons choisi celui qui nous plaisait le plus, qui sonnait correctement à l’oreille, qui avait un sens et enfin qui n’était pas déjà déposé en France.

Simple IT a une double signification :

  • Simple Information Technology, soit “Technologie de l’information facile” (ça sonne mieux en anglais non ?)
  • Simple it, ce qui, en anglais assez approximatif, correspond à “Simplifie ça”

Finalement, ce nom, ainsi que Site du Zéro et Zozor, le nom de la mascotte du Site du Zéro, sont tous trois des marques françaises déposées, ainsi que leurs logos respectifs. Nous nous sommes rendus à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) pour réaliser ces formalités après avoir payé 700 euros bien entendu.

Le lieu d’implantation

Mes parents habitent du côté d’Avignon et j’étudie à Lyon. Les parents de Mathieu sont dans le Gard mais il étudie à Villejuif, en région parisienne. Le choix du lieu d’implantation de la société était vaste.

Nous avons hésité grossièrement entre Paris et Lyon. Notre choix s’est porté sur Paris, plus central et plus porteur. De plus, en tant qu’ingénieur, il n’est pas rare de venir travailler sur Paris.

L’école d’ingénieur de Mathieu, l’EFREI, aide les créateurs d’entreprise en leur proposant une boîte aux lettres à l’école ce qui permet de se déclarer à l’adresse de l’école et d’avoir accès au courrier très facilement. Nous avons opté pour cette solution, qui a duré jusqu’à la création de nos bureaux actuels à Bourg-la-Reine. La société a donc été créée à l’adresse de l’EFREI, à Villejuif, dans la banlieue sud de Paris.

Les aides financières, les conseils

Ayant tous les deux moins de 26 ans, nous étions éligibles à l’ACCRE (Aide pour les Chômeurs, Créateurs, Repreneurs d’Entreprises), une exonération quasi-totale des charges sociales la première année. Cela représente mine de rien la coquette somme d’environ 4500 € par personne ! Coup de chance, nous apprenons que depuis le 1er janvier 2007, le dossier de l’ACCRE est très largement simplifié !

Enfin, nous avons eu accès, via la même aide, aux chèquiers-conseil. Ils permettent de payer des personnes spécialisées pour se faire conseiller avant ou après la création d’entreprise : avocats, juristes, expert-comptables, etc. L’état paie environ 45 € par chèque de 60 €, soit les 3/4. L’entreprise a accès à 3 chéquiers de 6 chèques de 60 €, au maximum.

Par la suite, nous avons parlé de cette aventure à un maximum de gens ce qui nous permet d’avoir des conseils à droite et à gauche, via des relations. C’est toujours bon à prendre lorsque l’on n’y connaît rien.

Pour finir, Internet est toujours une ressource infinie, avec l’excellent site de l’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprises).

Se jeter à l’eau

Lorsque les documents principaux étaient prêts, les recherches abouties, le planning établi, nous avons pu décider d’une date pour se réunir et créer effectivement Simple IT courant janvier 2007. Bien sûr, il fallait se rendre physiquement à la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie) dont Villejuif dépend, en l’occurrence la CCI de Créteil. Je suis donc monté en train de Lyon pour quelques jours. A ce stade, nous avions établi un planning précis et très chargé pour réaliser toutes les démarches en un temps limité. En effet, j’étais toujours en période de cours.

L’administration française

La première étape a été de trouver un journal d’annonces légales afin de publier la création de la société, ce qui est légalement obligatoire malgré le coût d’une annonce légale (au moins 150 €). Bien sûr, il s’est avéré que le journal auquel nous pensions avait déménagé ce qui n’a pas simplifié la tâche.

Il a fallu ouvrir un compte bancaire au nom de la société. Pour cela, la banque nous demande le numéro d’identification de la société (code SIREN). Nous ne l’avons fait pas encore car il faut créer la société pour cela. Or, pour créer la société, il faut un compte bancaire. On se marche vraiment sur la tête. Malgré tout, nous arrivons à comprendre la démarche : il faut ouvrir un compte bloqué avec l’argent du capital, soit 2 000 € dans notre cas (1 000 € chacun), puis nous pourrons le débloquer lorsque la société sera créée.

Puis nous avons pu enfin nous rendre à la CCI de Créteil pour établir officiellement la société. Arrivés là-bas, on nous apprend quasiment par hasard qu’il nous faut déposer le dossier de l’ACCRE absolument avant l’établissement de la société. Pas de problème, nous passons à la poste photocopier les documents nécessaires et allons directement au bureau ACCRE. Bien sûr, celui-ci a fermé ses portes juste sous nos nez : “Revenez demain”

Finalement, le lendemain, après à nouveau 1h30 de transports en commun, nous avons pu finaliser l’intégralité des formalités administratives, après s’être délestés d’une centaine d’euros, bien sûr.

Simple IT enfin officiellement déclarée !

Le 17 janvier 2007, la SARL Simple IT est officiellement créée, avec un capital social de 2 000 € réparti équitablement entre les 2 actionnaires que nous sommes. Il restera enfin à finaliser la paperasse concernant la banque, l’ACCRE, les impôts, l’expert-comptable, les documents légaux, … durant les mois de janvier et février !

Finalement, la création de la société nous aura coûté quelques milliers d’euros en taxes, frais, déplacements, dépôts de marque et autres surprises administratives. Il aura fallu quelques mois pour que nous puissions nous rembourser de cette avance faite personnellement à la société.

Résumé des épisodes précédents

Avant d’aller plus loin dans ce blog, il me semble nécessaire de faire un très bref résumé de ce qui nous a conduit à créer Simple IT et à nous associer Pierre et moi. La plupart de ces éléments sont connus des visiteurs assidus du Site du Zéro mais nous ne partons pas ici du principe que tous nos lecteurs seront nécessairement des visiteurs du site. Nous avons aussi l’ambition d’aider de futurs entrepreneurs en présentant ici notre expérience.

L’absence totale de business plan

Tout d’abord, il faut signaler que nous considérons notre cas comme étant un peu particulier. En effet, traditionnellement une boîte ne se crée pas à partir d’un projet personnel. Du moins, pas à partir d’un projet que l’on a maintenu à titre personnel pendant 7 ans sur notre temps libre pendant les études. C’est plutôt rare.

En pratique, une personne a une idée pour monter une entreprise et pour en faire une activité viable. Elle voit, au moins dans les grandes lignes, comment produire un service ou un produit et quels seront ses clients. Elle s’attelle alors à rédiger ce qu’on appelle un business plan, qui est en gros un document incontournable pour tous les entrepreneurs et qui explique quelles seront les activités de la boîte, comment celle-ci va trouver des clients, comment elle va gagner de l’argent et si possible une estimation de combien (on parle plutôt d‘objectifs).

Le démarrage

Dans notre cas, il n’y avait à la base rien de tout cela. A l’origine, c’est moi qui ai lancé un modeste “site perso” comme on appelait cela à l’époque (aujourd’hui, on aurait peut-être plutôt eu tendance à parler de blog). C’était une époque où développer sous Frontpage pour IE5 n’était pas une hérésie, et où on voyait une profusion de gif animés super cools sur la plupart des pages web. C’était en 1999.

Ce site, rapidement intitulé “Le Site du Zéro” après une réflexion d’environ 60 secondes (véridique !) n’était pas si différent de ce qu’il est devenu aujourd’hui : un lieu proposant des ressources gratuites pour aider les débutants dans les sujets qui me passionnaient, notamment la création de site web ou encore la création de mondes en 3D. Globalement, ces sujets se trouvaient être très liés à l’informatique.

Si vous aussi vous lancez un site web aujourd’hui, il est probable que vous ayez autant de visiteurs que j’en avais : moi, ma famille, quelques amis, guère plus. Au contraire de certaines boîtes qui disposent dès le départ d’une solide trésorerie (traduisez “beaucoup d’argent à investir“) qu’ils peuvent utiliser pour faire de la publicité pour le site nouvellement créé, je n’avais rien et, ma foi, je n’avais pas d’autre objectif que d’aider dans l’immédiat mes amis et quelques égarés du Web. Je n’ai donc jamais fait la moindre publicité pour le Site du Zéro, et cela reste (presque) vrai à ce jour. Tout a toujours fonctionné grâce au bouche à oreille et grâce, du moins c’est ce que je pense, au contenu qui a attiré la plupart des visiteurs en quête de cours compréhensibles qu’ils ne trouvaient nulle part ailleurs. Comme moi.

Finalement, le Site du Zéro est parti d’une idée toute bête : j’ai créé un contenu dont j’avais eu besoin et que j’avais cherché en vain. Rien sur le Web, rien dans des livres. Faute de pouvoir trouver des cours vraiment accessibles aux débutants, j’ai décidé de les créer afin de me prouver à moi-même dans un premier temps que c’était possible de le faire, puis de le prouver à quelques internautes de passage.

Le succès, relatif

Il n’est pas venu de suite. Loin de là. Pendant longtemps le site est resté peu actif, bien que je continuais à l’alimenter régulièrement en contenu. Je n’ai d’ailleurs jamais compté sur autre chose que sur un contenu régulièrement enrichi pour créer de la valeur autour d’un site web. C’est aussi pour cela que je regarde aujourd’hui un peu comme un papy dépassé tous ces sites “Web 2.0″ qui se construisent en un rien de temps, étiqueté d’un “bêta” fraîchement disposé en haut à droite de toutes les pages et qui comptent sur leurs visiteurs pour produire du contenu et un intérêt autour du site.

Notez que je ne médis pas ces sites-là. Je serais bien mal avisé de le faire : il y a bien longtemps que le Site du Zéro génère du contenu comme le font ces fameux sites Web 2.0, ne serait-ce que dans les forums, mais aussi et surtout dans les tutoriels grâce au module “Vos tutos” qui a considérablement encouragé les visiteurs à reproduire le modèle de mes tutoriels sur d’autres thèmes qu’ils maîtrisaient (et que bien souvent je ne maîtrisais pas ou pour lesquels je n’avais pas assez de temps à consacrer).

Malgré tout, cela m’était égal car à l’époque le site ne me demandait pas beaucoup trop de temps de présence et d’administration (même si cela ne m’empêchait pas d’y passer la plupart de mon temps libre). Le site pouvait donc continuer à évoluer au gré des premiers tutoriels proposés par les membres et sur les forums, pendant que de temps en temps je proposais de nouveaux chapitres pour l’un des cours que je rédigeais.

Le déclic

Bien qu’on ne puisse pas parler de réel déclic, il y a quand même eu une étape importante qui a probablement eu toutes les conséquences que nous constatons aujourd’hui. En effet, le site s’est toujours construit comme un ensemble de briques plus ou moins harmonieusement agencées les unes par rapport aux autres. Et encore je suis gentil, on devrait plutôt parler de château de cartes dans le cas présent.

On peut faire l’analogie avec les systèmes d’information des entreprises : ils se créent pour de petits besoins à la base et doivent évoluer avec le temps et les nouveaux besoins de l’entreprise. Pour nous, cela a été vraiment pareil. Mais les fondations du site étaient maladroites (faute d’expérience !) et nous avons fait le constat qu’il fallait reprendre toute l’architecture du site depuis le début pour pouvoir évoluer plus sereinement par la suite.

Je rappelle le contexte : lycéen en terminale S, plutôt préoccupé par ses notes de physique-chimie que par les fondations d’un site web qui n’était, après tout, qu’un passe-temps. Malgré tout, j’ai approuvé cette idée de reprendre tout à zéro et de reconstruire entièrement notre architecture et notre mode de fonctionnement. Bien m’en a pris, car je sais aujourd’hui que nous foncions droit dans un mur à la vitesse de la lumière avec ce château de cartes que nous avions bâti.

C’est à ce moment-là que j’ai fait la connaissance de Pierre, aussi connu sous le pseudonyme de karamilo sur le site. A la base il s’agissait d’un visiteur du site et non d’une connaissance personnelle. D’ailleurs, lorsque nous nous sommes alliés pour développer ce nouveau Site du Zéro (la version 3), je ne l’avais jamais vu ni rencontré. Je ne l’ai rencontré que bien plus tard.

Allez savoir comment, mais nous sommes venus à bout de ce projet au bout de 2 ans et des poussières de travail (plutôt 3 si on compte le tout), bien souvent intensif. Une chose qui me paraît inconcevable aujourd’hui et que je ne me vois pas reproduire. Probablement d’ailleurs que je ne me serais jamais lancé dedans si j’avais eu mieux conscience du travail que cela allait demander.

La bonne nouvelle, c’est que Pierre était déjà un concepteur hors pair avec de solides connaissances techniques, en PHP et SQL notamment. La plupart des concepts techniques qui ont construit les fondations de la v3 du site m’étaient alors totalement étrangers. Je pense que si j’avais su à l’époque qu’il était presque de 4 ans mon cadet, le choc aurait été d’autant plus violent.

L’envol

Passons sur ces années de développement intensif. Le fait est que nous avons fini par accoucher de ce travail avec l’aide et les conseils précieux de quelques autres développeurs notamment. Malgré tout, nous n’avons d’ailleurs jamais été plus de 3 à développer sur le site en même temps.

La “v3″ du site étant lancée, il y eut beaucoup de travail à abattre d’un point de vue technique pour corriger les bugs et améliorer les fondations existantes. C’est dans les années qui ont suivi le lancement de la v3 que le site a connu la plus forte croissance, comme en témoigne ce graphique.

Statistiques Site du Zéro

Bien qu’incomplet (il manque les années 1999 à 2003) ce graphique donne une petite idée de l’accélération qu’a subi le site à partir du lancement de la v3 fin 2005.

Plus de trafic signifiait plus de travail de gestion. Un temps fou passé à s’assurer que le site fonctionne, à corriger des bugs (parfois critiques), à communiquer auprès des visiteurs et du reste de l’équipe du site. Finalement, il restait bien peu de temps pour rédiger des cours. C’est toujours le cas à l’heure actuelle, notez bien.

Le choix de Simple IT

Arrivant sur la fin de nos études d’ingénieur Pierre et moi, nous avons dû prendre une décision tant le travail sur le site était devenu chronophage : arrêter tout ou s’y investir pleinement. Bien sûr, un juste milieu était possible : nous l’avons expérimenté, et ce durant plusieurs années. Il est arrivé un moment où ce n’était juste vraiment plus possible. Ce n’est pas faute d’avoir essayé de faire un stage tout en maintenant le site pour ma part : un vrai cauchemar. Sur l’ordi la journée pour le boulot, sur l’ordi le soir pour le Site du Zéro.

Nous avons donc décidé d’en faire une activité professionnelle et de préparer le terrain en créant une SARL dont Pierre et moi serions les associés. Il s’agissait de préparer le terrain pour que tout soit prêt et que nous puissions nous y investir pleinement lorsque nous deviendrions des actifs, comme on dit.

Nous avons passé un temps important à effectuer les démarches administratives, comptables, etc. Nous y reviendrons sûrement au cours de futurs billets, là mes doigts commencent à fatiguer. ;o)

Je suis à l’heure actuelle sur le point d’être diplômé, j’ai effectué mes 6 mois de “stage de fin d’études” dans ma propre boîte. Ce genre d’initiative est accepté et même encouragé par les écoles d’ingénieur. Pierre quant à lui est en échange universitaire à Sydney et doit encore effectuer une année d’études avant d’être diplômé. Ce qui ne l’empêche pas de travailler et de mettre la main à la patte comme il l’a toujours fait.

Ouf. J’espère avoir résumé l’essentiel pour que ceux qui ne connaissaient pas le contexte puissent rattraper leur retard. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce qu’il s’est passé pour nous lors du lancement de la boîte et ce qui a suivi.

Nous souhaitons aussi rapidement parler des sujets simples mais actuels qui nous touchent au jour le jour. Aujourd’hui par exemple, si je n’avais pas prévu de rédiger ce billet, je vous aurais bien volontiers fait part de ma joie en découvrant que nous avons reçu un crédit d’impôts et un remboursement de Neuf Telecom, tous deux attendus depuis des lustres (et auxquels nous ne croyions plus). Oh, c’était quelques centaines d’euros (pas de quoi fouetter un chat à l’échelle d’une entreprise), mais ça nous rassure aussi quant à l’administration et à sa capacité à traiter correctement certains cas particuliers comme c’était le cas pour nous vis à vis des impôts. Bon promis, on reviendra sur ces choses-là. ;o)