Avant d'aller plus loin dans ce blog, il me semble nécessaire de faire un très bref résumé de ce qui nous a conduit à créer Simple IT et à nous associer Pierre et moi. La plupart de ces éléments sont connus des visiteurs assidus du Site du Zéro mais nous ne partons pas ici du principe que tous nos lecteurs seront nécessairement des visiteurs du site. Nous avons aussi l'ambition d'aider de futurs entrepreneurs en présentant ici notre expérience.

L'absence totale de business plan

Tout d'abord, il faut signaler que nous considérons notre cas comme étant un peu particulier. En effet, traditionnellement une boîte ne se crée pas à partir d'un projet personnel. Du moins, pas à partir d'un projet que l'on a maintenu à titre personnel pendant 7 ans sur notre temps libre pendant les études. C'est plutôt rare.

En pratique, une personne a une idée pour monter une entreprise et pour en faire une activité viable. Elle voit, au moins dans les grandes lignes, comment produire un service ou un produit et quels seront ses clients. Elle s'attelle alors à rédiger ce qu'on appelle un business plan, qui est en gros un document incontournable pour tous les entrepreneurs et qui explique quelles seront les activités de la boîte, comment celle-ci va trouver des clients, comment elle va gagner de l'argent et si possible une estimation de combien (on parle plutôt d'objectifs).

Le démarrage

Dans notre cas, il n'y avait à la base rien de tout cela. A l'origine, c'est moi qui ai lancé un modeste "site perso" comme on appelait cela à l'époque (aujourd'hui, on aurait peut-être plutôt eu tendance à parler de blog). C'était une époque où développer sous Frontpage pour IE5 n'était pas une hérésie, et où on voyait une profusion de gif animés super cools sur la plupart des pages web. C'était en 1999.

Ce site, rapidement intitulé "Le Site du Zéro" après une réflexion d'environ 60 secondes (véridique !) n'était pas si différent de ce qu'il est devenu aujourd'hui : un lieu proposant des ressources gratuites pour aider les débutants dans les sujets qui me passionnaient, notamment la création de site web ou encore la création de mondes en 3D. Globalement, ces sujets se trouvaient être très liés à l'informatique.

Si vous aussi vous lancez un site web aujourd'hui, il est probable que vous ayez autant de visiteurs que j'en avais : moi, ma famille, quelques amis, guère plus. Au contraire de certaines boîtes qui disposent dès le départ d'une solide trésorerie (traduisez "beaucoup d'argent à investir") qu'ils peuvent utiliser pour faire de la publicité pour le site nouvellement créé, je n'avais rien et, ma foi, je n'avais pas d'autre objectif que d'aider dans l'immédiat mes amis et quelques égarés du Web. Je n'ai donc jamais fait la moindre publicité pour le Site du Zéro, et cela reste (presque) vrai à ce jour. Tout a toujours fonctionné grâce au bouche à oreille et grâce, du moins c'est ce que je pense, au contenu qui a attiré la plupart des visiteurs en quête de cours compréhensibles qu'ils ne trouvaient nulle part ailleurs. Comme moi.

Finalement, le Site du Zéro est parti d'une idée toute bête : j'ai créé un contenu dont j'avais eu besoin et que j'avais cherché en vain. Rien sur le Web, rien dans des livres. Faute de pouvoir trouver des cours vraiment accessibles aux débutants, j'ai décidé de les créer afin de me prouver à moi-même dans un premier temps que c'était possible de le faire, puis de le prouver à quelques internautes de passage.

Le succès, relatif

Il n'est pas venu de suite. Loin de là. Pendant longtemps le site est resté peu actif, bien que je continuais à l'alimenter régulièrement en contenu. Je n'ai d'ailleurs jamais compté sur autre chose que sur un contenu régulièrement enrichi pour créer de la valeur autour d'un site web. C'est aussi pour cela que je regarde aujourd'hui un peu comme un papy dépassé tous ces sites "Web 2.0" qui se construisent en un rien de temps, étiqueté d'un "bêta" fraîchement disposé en haut à droite de toutes les pages et qui comptent sur leurs visiteurs pour produire du contenu et un intérêt autour du site.

Notez que je ne médis pas ces sites-là. Je serais bien mal avisé de le faire : il y a bien longtemps que le Site du Zéro génère du contenu comme le font ces fameux sites Web 2.0, ne serait-ce que dans les forums, mais aussi et surtout dans les tutoriels grâce au module "Vos tutos" qui a considérablement encouragé les visiteurs à reproduire le modèle de mes tutoriels sur d'autres thèmes qu'ils maîtrisaient (et que bien souvent je ne maîtrisais pas ou pour lesquels je n'avais pas assez de temps à consacrer).

Malgré tout, cela m'était égal car à l'époque le site ne me demandait pas beaucoup trop de temps de présence et d'administration (même si cela ne m'empêchait pas d'y passer la plupart de mon temps libre). Le site pouvait donc continuer à évoluer au gré des premiers tutoriels proposés par les membres et sur les forums, pendant que de temps en temps je proposais de nouveaux chapitres pour l'un des cours que je rédigeais.

Le déclic

Bien qu'on ne puisse pas parler de réel déclic, il y a quand même eu une étape importante qui a probablement eu toutes les conséquences que nous constatons aujourd'hui. En effet, le site s'est toujours construit comme un ensemble de briques plus ou moins harmonieusement agencées les unes par rapport aux autres. Et encore je suis gentil, on devrait plutôt parler de château de cartes dans le cas présent.

On peut faire l'analogie avec les systèmes d'information des entreprises : ils se créent pour de petits besoins à la base et doivent évoluer avec le temps et les nouveaux besoins de l'entreprise. Pour nous, cela a été vraiment pareil. Mais les fondations du site étaient maladroites (faute d'expérience !) et nous avons fait le constat qu'il fallait reprendre toute l'architecture du site depuis le début pour pouvoir évoluer plus sereinement par la suite.

Je rappelle le contexte : lycéen en terminale S, plutôt préoccupé par ses notes de physique-chimie que par les fondations d'un site web qui n'était, après tout, qu'un passe-temps. Malgré tout, j'ai approuvé cette idée de reprendre tout à zéro et de reconstruire entièrement notre architecture et notre mode de fonctionnement. Bien m'en a pris, car je sais aujourd'hui que nous foncions droit dans un mur à la vitesse de la lumière avec ce château de cartes que nous avions bâti.

C'est à ce moment-là que j'ai fait la connaissance de Pierre, aussi connu sous le pseudonyme de karamilo sur le site. A la base il s'agissait d'un visiteur du site et non d'une connaissance personnelle. D'ailleurs, lorsque nous nous sommes alliés pour développer ce nouveau Site du Zéro (la version 3), je ne l'avais jamais vu ni rencontré. Je ne l'ai rencontré que bien plus tard.

Allez savoir comment, mais nous sommes venus à bout de ce projet au bout de 2 ans et des poussières de travail (plutôt 3 si on compte le tout), bien souvent intensif. Une chose qui me paraît inconcevable aujourd'hui et que je ne me vois pas reproduire. Probablement d'ailleurs que je ne me serais jamais lancé dedans si j'avais eu mieux conscience du travail que cela allait demander.

La bonne nouvelle, c'est que Pierre était déjà un concepteur hors pair avec de solides connaissances techniques, en PHP et SQL notamment. La plupart des concepts techniques qui ont construit les fondations de la v3 du site m'étaient alors totalement étrangers. Je pense que si j'avais su à l'époque qu'il était presque de 4 ans mon cadet, le choc aurait été d'autant plus violent.

L'envol

Passons sur ces années de développement intensif. Le fait est que nous avons fini par accoucher de ce travail avec l'aide et les conseils précieux de quelques autres développeurs notamment. Malgré tout, nous n'avons d'ailleurs jamais été plus de 3 à développer sur le site en même temps.

La "v3" du site étant lancée, il y eut beaucoup de travail à abattre d'un point de vue technique pour corriger les bugs et améliorer les fondations existantes. C'est dans les années qui ont suivi le lancement de la v3 que le site a connu la plus forte croissance, comme en témoigne ce graphique.

Statistiques Site du Zéro

Bien qu'incomplet (il manque les années 1999 à 2003) ce graphique donne une petite idée de l'accélération qu'a subi le site à partir du lancement de la v3 fin 2005.

Plus de trafic signifiait plus de travail de gestion. Un temps fou passé à s'assurer que le site fonctionne, à corriger des bugs (parfois critiques), à communiquer auprès des visiteurs et du reste de l'équipe du site. Finalement, il restait bien peu de temps pour rédiger des cours. C'est toujours le cas à l'heure actuelle, notez bien.

Le choix de Simple IT

Arrivant sur la fin de nos études d'ingénieur Pierre et moi, nous avons dû prendre une décision tant le travail sur le site était devenu chronophage : arrêter tout ou s'y investir pleinement. Bien sûr, un juste milieu était possible : nous l'avons expérimenté, et ce durant plusieurs années. Il est arrivé un moment où ce n'était juste vraiment plus possible. Ce n'est pas faute d'avoir essayé de faire un stage tout en maintenant le site pour ma part : un vrai cauchemar. Sur l'ordi la journée pour le boulot, sur l'ordi le soir pour le Site du Zéro.

Nous avons donc décidé d'en faire une activité professionnelle et de préparer le terrain en créant une SARL dont Pierre et moi serions les associés. Il s'agissait de préparer le terrain pour que tout soit prêt et que nous puissions nous y investir pleinement lorsque nous deviendrions des actifs, comme on dit.

Nous avons passé un temps important à effectuer les démarches administratives, comptables, etc. Nous y reviendrons sûrement au cours de futurs billets, là mes doigts commencent à fatiguer. ;o)

Je suis à l'heure actuelle sur le point d'être diplômé, j'ai effectué mes 6 mois de "stage de fin d'études" dans ma propre boîte. Ce genre d'initiative est accepté et même encouragé par les écoles d'ingénieur. Pierre quant à lui est en échange universitaire à Sydney et doit encore effectuer une année d'études avant d'être diplômé. Ce qui ne l'empêche pas de travailler et de mettre la main à la patte comme il l'a toujours fait.

Ouf. J'espère avoir résumé l'essentiel pour que ceux qui ne connaissaient pas le contexte puissent rattraper leur retard. Nous aurons l'occasion de revenir sur ce qu'il s'est passé pour nous lors du lancement de la boîte et ce qui a suivi.

Nous souhaitons aussi rapidement parler des sujets simples mais actuels qui nous touchent au jour le jour. Aujourd'hui par exemple, si je n'avais pas prévu de rédiger ce billet, je vous aurais bien volontiers fait part de ma joie en découvrant que nous avons reçu un crédit d'impôts et un remboursement de Neuf Telecom, tous deux attendus depuis des lustres (et auxquels nous ne croyions plus). Oh, c'était quelques centaines d'euros (pas de quoi fouetter un chat à l'échelle d'une entreprise), mais ça nous rassure aussi quant à l'administration et à sa capacité à traiter correctement certains cas particuliers comme c'était le cas pour nous vis à vis des impôts. Bon promis, on reviendra sur ces choses-là. ;o)