Simple IT : le blog

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Tag - administration

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mardi 2 mars 2010

L'étape de la première embauche

A la fin du mois de novembre 2009, Simple IT a réalisé ses 2 premières embauches. Cet évènement n'a pas été anodin pour la société car il représente un saut important, une réelle étape dans notre croissance. Nous avons franchi un seuil pour lequel il a fallu travailler beaucoup et réaliser de nombreuses démarches. Ce billet a pour objectif de faire un petit tour d'horizon de ce qu'il a fallu faire pour embaucher notre premier salarié.

Le contrat de travail et ses conditions

Paperasse administrative Tout d'abord, il a fallu rédiger un contrat de travail cohérent avec le poste. Nous aurions pu adapter des modèles trouvés sur Internet mais nous avons plutôt choisi la sécurité en optant pour les services d'un bon avocat, qui a rédigé un contrat de travail valide, conforme à la législation et bien adapté à notre structure. Ceci est très important car le contrat de travail restera potentiellement pour des années, pour tous nos salariés. Un article mal rédigé peut fortement porter préjudice tant à l'entreprise qu'aux salariés.

Lors de la rédaction du contrat de travail, il a aussi fallu choisir une convention collective d'entreprise. C'est un accord reconnu par les entreprises et les syndicats, négocié par branche (métallurgie, industrie chimique, transport, etc.). La convention collective adapte la loi du travail aux spécificités du métier de chaque branche. Celle-ci ne peut pas offrir moins de garanties et de droits aux salariés que la loi du travail, qui reste le minimum à avoir. La convention collective apporte généralement des "plus" (plus de congés payés, de salaire, etc.). Dans notre cas, nous avons choisi celle correspondant le plus à notre métier : la publication de cours au format web et papier. Nous sommes donc une maison d'édition à part entière. Par conséquent, notre convention collective est celle du métier de l'édition.

Les démarches administratives

La Déclaration Unique d'Embauche ou DUE

Logo de l'URSSAF Les démarches administratives sont simplifiées avec la DUE que l'on peut remplir directement sur le portail net-entreprises.fr. En 5 minutes, tout est transmis électroniquement à l'URSSAF, au Pôle Emploi, à la sécurité sociale, etc. Malheureusement, même si le principe est très intéressant, tout n'est pas si facile. Par exemple, il a fallu plus de 2 mois et plusieurs relances pour que l'URSSAF prenne réellement en compte notre demande ! Pendant cette durée, nous n'étions pas officiellement employeurs et les démarches pour la couverture santé de nos salariés auprès de la sécurité sociale se sont rallongées d'autant. Enfin, nous sommes toujours en attente du retour de l'inspection du travail pour procéder aux visites médicales obligatoires au début de chaque contrat...

L'aide sur les charges sociales

Nous avons demandé l'aide "Zéro charges" pour les TPE (Très Petites Entreprises). C'est une mesure du gouvernement français pour la relance économique, prise il y a plusieurs mois pour faire face à la crise. Elle nous permet de payer moins de charges sociales sur nos embauches, ce qui est un bon incitateur pour réaliser de nouveaux recrutements. Celle-ci a été prise en compte assez rapidement et nous obtenons effectivement les remboursements d'une partie des charges sociales à la fin de chaque trimestre. L'aide est intéressante mais il faut toujours avancer l'argent et se faire rembourser quelques temps après !

Contrats de prévoyance et de complémentaire santé

Enfin, il a fallu procéder à l'inscription et à la négociation d'un contrat de prévoyance et de complémentaire santé. La prévoyance est une assurance couvrant les frais en cas d'accident voire de décès. Par exemple, si vous ne pouvez plus travailler suite à un accident, la prévoyance maintiendra une bonne partie de votre salaire via des indemnités journalières, au plus de celles de la sécurité sociale. La complémentaire santé permet quant à elle de rembourser les dépenses de santé non couvertes par la sécurité sociale (médicaments partiellement remboursés, soins dentaires, etc.). Nous avons fait le choix de prendre en charge intégralement la cotisation de complémentaire santé, afin que nos salariés soient tous très bien couverts.

La convention collective de l'édition impose la souscription à un contrat de prévoyance entreprises auprès d'un organisme désigné. Après plusieurs formulaires remplis et quelques semaines de retard, nos 2 salariés sont enfin bien couverts tant au niveau de la prévoyance que de la complémentaire santé.

La gestion sociale

Après la mise en place des contrats de travail, il y a toujours beaucoup de travail à fournir :

  • rédiger les bulletins de paie mensuels en prenant en compte les jours d'absence de chaque salarié, les réductions de charges sociales en cours, etc.
  • maintenir à jour les compteurs de congés payés de chaque employé
  • remplir les Déclarations Unifiées de Cotisations Sociales (DUCS)
  • payer les charges sociales correspondantes
  • remplir les bordereaux trimestriels et annuels de l'URSSAF et du Pôle Emploi
  • gérer les demandes diverses des organismes sociaux ou des salariés (justificatif, attestations, etc.)

Tout cela demande du temps et des compétences. En effet, la législation française est assez complexe sur le sujet et elle évolue rapidement. C'est pourquoi nous avons décidé de confier cette mission à notre comptable, qui a l'expérience et les outils pour réaliser des bulletins de paie et des déclarations, légalement valables.

Les prochains seuils

Maintenant que tout est mis en place pour nos salariés, cela va être très facile pour nous de recruter davantage. C'est d'ailleurs déjà le cas puisque nous recherchons actuellement un commercial. Mais après de nouvelles embauches, nous arriverons à de nouveaux seuils, impliquant de nouvelles démarches et une organisation plus poussée : 10 salariés, 20, 25, 50... A partir de 11 salariés, il faudra élire des délégués du personnel ; à partir de 25, rédiger un règlement intérieur ; à partir de 50, mettre en place un Comité d'Entreprise, etc. Bien sûr, rien n'empêche de s'y pencher plus tôt ! Si vous souhaitez en savoir plus sur les effets de seuil dans le recrutement, je vous invite à lire un article de l'Express détaillant les règles applicables à partir de chaque seuil.

samedi 27 décembre 2008

L'administration se modernise !

Me voici enfin de retour en France dans le froid de l'hiver après 6 mois passés en Australie ! J'ai bien bronzé sous un soleil de plomb et une eau à 28°C mais toutes les bonnes choses ont une fin !

Rattrapant mon retard, car Mathieu m'a bien devancé, je tombe sur le dernier billet, plutôt râleur. Le but de ce billet est de rétablir l'équilibre sur l'administration française. Alors, c'est vrai, les râleries au sujet de l'administration française sont fréquentes dans le monde de l'entrepreneuriat, voire même sur ce blog... Pourtant, il faut reconnaître que toutes les administrations se modernisent, se centralisent et proposent de plus en plus leurs services en ligne.

L'AGESSA

Agessa.org L'AGESSA, l'Association pour la Gestion de la Sécurité Sociale des Auteurs, est l'organisme qui gère les déclarations sociales des auteurs. Cela comporte les auteurs de livres bien sûr mais également de logiciels ou d'oeuvres multimédia, par exemple des tutoriels ! Bref, nous avons dû payer à maintes reprises des charges sociales à l'AGESSA sur ce type de travaux et sommes donc devenus ce qu'on pourrait appeler un bon client, depuis 2 ans maintenant.

Le fait est qu'au début, je procédais au remplissage du formulaire papier de paiement des charges sociales, en deux exemplaires. Cela implique notamment le calcul fort complexe des charges (0,85% + 7,5% de 97% + 0,5% de 97% + 1%, arrondis à l'euro près). Je devais ensuite garder un exemplaire et en envoyer un à l'AGESSA avec un chèque. Puis, je devais remplir l'attestation de paiement en deux exemplaires, en garder un, et en envoyer un à l'auteur.

Depuis un peu plus d'un an, oh miracle ! L'AGESSA se modernise ! Malgré leur site qui ne paie pas de mine, nous pouvons, après un envoi d'identifiants par courrier, nous connecter à une interface en ligne. J'ai maintenant accès à tout l'historique des déclarations. Mais le meilleur reste à venir.

Grâce à un formulaire, je peux faire une déclaration dont le calcul des charges est automatique. En choisissant le prélèvement automatique, je n'ai même plus besoin de sortir ma carte bancaire ou mon chéquier. Enfin, une attestation PDF est générée à la fin, me permettant de la transmettre par email à l'auteur. Tout ceci en moins de deux minutes.

Net-entreprises.fr

Net-entreprises.fr Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, il y a également un an environ, le portail net-entreprises.fr est apparu. Celui-ci permet de réaliser des dizaines de déclarations différentes, en ligne et de manière sécurisée. Cela va de la déclaration d'embauche à la déclaration d'accident du travail, en passant par les charges sociales.

Pour les entrepreneurs que nous sommes, quel gain de temps ! Plus besoin de trouver le formulaire, de l'imprimer, le remplir, le photocopier, l'accompagner d'un chèque (ah oui, il faut à peu près toujours payer...), l'envoyer par la poste, attendre la réponse, se rendre compte qu'on s'est trompé dans le calcul complexe des frais liés à cette déclaration...

Alors, pour une fois que l'on peut féliciter les avancées de l'administration faites en la matière, ne nous en privons pas. Bien sûr, il reste du chemin avant que toutes les formalités soient possibles en ligne et de manière centralisée si possible. Mais Rome ne s'est pas faite en un jour...

jeudi 4 décembre 2008

Le jour où on a changé de siège social

J'en parlais déjà dans les premiers billets de ce blog : j'étais en lutte pour arriver à faire déménager le siège social de Villejuif vers Bourg-la-Reine où nous avons nos nouveaux locaux depuis euh... presque un an maintenant !

Voilà donc un moment que j'essayais de faire comprendre à l'administration qu'on avait déménagé. Et encore, "essayer" est un bien grand mot... Ca a été une lutte acharnée pendant des mois pour qu'ils veuillent bien accepter de noter notre nouvelle adresse.

Dans le lot, il y a eu :

  • 3 retours du dossier complet à refaire parce qu'il manquait un détail qu'on ne nous avait pas signalé ou parce qu'il y avait un problème qui ne venait pas de nous mais pour lequel on nous considérait comme responsables
  • 2 chèques annulés + un troisième refait pour payer enfin la somme exacte qu'il fallait (et l'incompétence coûte cher, croyez-moi)
  • 10-12 coups de fil aux différents tribunaux du commerce pour leur expliquer notre situation, pourtant pas si compliquée, qu'ils ne comprenaient pas
  • 4 fax pour transmettre des documents rapidement sinon il aurait fallu attendre l'envoi du courrier (et non, les emails ils connaissent pas)
  • 1 système informatique incapable de transmettre une information de Lyon vers Paris, entraînant l'annulation d'un nouveau chèque et l'envoi d'un autre
  • Des mois pour arriver à boucler un dossier pourtant pas si compliqué

On voulait juste leur dire qu'on avait déménagé de Villejuif à Bourg-la-Reine pourtant... Seulement voilà, c'est un déménagement d'un département à un autre, et forcément, oulah, c'est compliqué. Ajoutez à ça qu'on a eu à un moment des bureaux dans un AUTRE département encore (à Lyon, qu'on avait pourtant fermé mais les systèmes informatiques n'avaient pas propagé l'information) ce qui était incompatible avec le déménagement de Villejuif vers Bourg-la-Reine (oui je sais rien à voir), et vous aurez un aperçu de la bataille que j'ai dû mener pendant plusieurs mois pour recommencer des procédures alors que, je le jure, si je suis un peu débutant, je me suis efforcé de faire les choses correctement.

Bref, je vais mettre ça sur la faute à pas de chance, mais rien qu'avec cette opération j'ai eu un bon aperçu du bazar que ça peut être quand on change une information "importante" de la boîte telle que l'adresse du siège social. Le conseil du jour est donc : ne déménagez pas. C'est plus simple. :o)

Enfin, contrairement aux apparences, je suis heureux que cela soit enfin terminé, ce qui explique pourquoi j'ai placé ce billet dans la catégorie "Joies" et non "Râleries". Je n'aurais même pas pris la peine de mentionner cet évènement à la base si ça n'avait pas été toute une aventure...

mardi 16 septembre 2008

Toi aussi, change de siège social

Damned!

Cela fait des mois que j'essaie de faire déménager "officiellement" le siège social de Simple IT. Actuellement, nous sommes domiciliés à l'EFREI depuis les débuts, à Villejuif dans le 94. Depuis que nous avons des bureaux à Bourg-la-Reine (début mars tout de même) nous avons souhaité que notre adresse de siège social soit inscrite là-bas, dans le 92 (c'est le département d'à côté). Le but étant que tout le courrier nous arrive désormais uniquement à Bourg-la-Reine, pour que je n'aie pas à passer à l'EFREI régulièrement récupérer les spams courriers importants qui nous sont envoyés.

J'ai eu un mal fou à comprendre tous les documents qu'il fallait réunir. Pierre m'a aidé et j'ai finalement fait un premier envoi vers juin avec des tonnes de dossiers remplis joints pour demander juste le changement du siège social. Dans le courrier il y avait :

  • Un formulaire déclaratif en 3 exemplaires
  • Des extraits de KBIS récents
  • La photocopie entière du bail commercial de location des bureaux
  • Des photocopies de carte d'identité
  • Une lettre en deux exemplaires signée sur l'honneur qui dit que oui, on a bien un siège social à Villejuif
  • Plein d'autres papiers que j'ai oubliés
  • ... et bien sûr un joli chèque pour les frais de traitement

On me l'a renvoyé plusieurs semaines plus tard avec une liste aussi longue que pas claire : "il manque ça, ça, ça, ça, ça, et ça, et ça aussi, et ça et ça. Et faites-nous un chèque plus gros aussi svp". Prenant mon courage à 3 mains, je m'occupe de la liste et j'ajoute les éléments un à un que je renvoie rapidement courant juillet... pour recevoir à nouveau tout le dossier en retour pour nous dire qu'il y a toujours un problème quand même.

Ils ne comprennent pas si on déménage le siège social ou l'établissement principal. On déménage les deux, mais l'établissement principal a seulement été créé temporairement à Lyon l'été dernier pour que Pierre puisse travailler avec des stagiaires. Il devrait être fermé depuis longtemps. Je me souviens bien que Pierre avait effectué la procédure de fermeture.

Du coup, j'ai essayé de joindre par téléphone la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de Nanterre, car ce sont eux qui s'occupent du dossier. Pendant tout le mois d'août, pas de réponse. Forcément, c'était les vacances (pour eux hein, pas pour moi :p ).

Je les ai eu finalement ce matin, et ce qui en ressort c'est que (accrochez-vous) : il faut faire déménager l'établissement principal de Lyon vers Villejuif (alors que celui-ci n'existe plus et qu'il ne devrait plus être listé), puis faire déménager simultanément le siège social et l'établissement principal dans le 92 à Bourg-la-Reine. Facile. Ca va encore me prendre minimum 3-4 mois. Objectif : arriver à changer de siège social avant 2009. Courage.

jeudi 11 septembre 2008

La création : toute une aventure

Pour poursuivre le précédent billet, je vais maintenant détailler la phase de création de Simple IT. Cela commence en été 2006, environ 6 mois après la sortie et le succès de la nouvelle version du Site du Zéro. Elle se termine quelques mois plus tard, en janvier 2007, par la déclaration officielle de la société Simple IT.

La période de réflexion

A partir de l'été 2006, Mathieu et moi étions dans cette phase de doute, ne sachant pas encore comment le Site du Zéro allait évoluer. Nous nous sommes rapidement convaincus qu'une structure légale était nécessaire pour poursuivre l'aventure. En effet, avant Simple IT, toutes les sommes d'argent générées par les publicités et absorbées par l'hébergement et les serveurs dédiés transitaient sur le compte courant personnel de Mathieu. Ce n'était pas simple à gérer ni très logique vu l'ampleur que venait de prendre le site. A ce stade on a normalement une structure spéciale pour une telle activité.

Cette phase de réflexion a duré quasiment 6 mois afin d'aboutir réellement en janvier 2007 sur la création de la société. En règle générale, cette phase peut même durer beaucoup plus longtemps. Dans notre cas, l'activité étant déjà lancée, l'analyse et la réflexion ont été largement raccourcies.

Le choix final : la SARL

Nous avions plusieurs choix de structure qui s'offraient à nous :

  1. Une association : c'est très peu cher et facile à créer. Cependant, nous savions dès le départ que nous voulions à terme nous rémunérer de cette activité. Faute de quoi, nous serions obligés de travailler après la fin de nos études, ce qui signerait certainement la fin de l'aventure. Les gérants d'association ne peuvent se rémunérer que dans des cas très spécifiques et réglementés. Autrement dit, nous avons écarté cette possibilité.
  2. Continuer comme avant : le problème se posait au niveau de la loi et du fisc. Nous souhaitions également poser officiellement notre part de ce travail et nous lier mutuellement afin que chacun ne parte pas du jour au lendemain. En effet, l'un sans l'autre ne pouvait maintenir le Site du Zéro à lui tout seul.
  3. Devenir indépendant : il s'agit du régime des micro-entreprises. Malheureusement, cela est réservé à des entreprises individuelles. Nous étions plutôt partis sur une répartition équitable de la structure et de ses responsabilités.
  4. Créer une société : c'est la solution choisie car elle possède tous les avantages requis. En contrepartie, elle coûte plutôt cher (en impôts et en taxes).

Enfin, il existe plusieurs formes de sociétés. Je ne citerai que les principales malgré le fait qu'il en existe un grand nombre :

  1. L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) : il s'agit d'une entreprise à une seule personne, ce qui ne convient pas dans notre cas. C'est en gros l'équivalent d'une SARL qui ne peut être gérée que par une personne.
  2. La SAS (Société par Actions Simplifiées) : c'est un statut réservé aux entreprises déjà plus importantes. Elle est souple et puissante mais nécessite une administration trop contraignante.
  3. La SARL (Société A Responsabilité Limitée) : c'est la forme de société commerciale la plus commune en France. Elle est simple, pratique et c'est (relativement) une des moins coûteuses.

Nous avons finalement choisi la SARL en nous associant, Mathieu et moi, à hauteur de 50% du capital chacun. L'égalité est parfaite mais peut être bloquante en cas de mésentente sur une décision. Par exemple, si Mathieu veut acheter un nouveau serveur mais que je ne le souhaite pas, nous ne pouvons pas décider car chacun a le même poids (50 %) dans la société. Bien sûr, pour un serveur, ce n'est pas grave mais cela peut le devenir sur une décision majeure.

La rédaction des statuts

Nous nous sommes penchés sur les statuts, c'est-à-dire le document présentant la société, son activité, ses propriétaires (on parle d'actionnaires) ainsi que son règlement intérieur. Nous avons fait rédiger ce document par un avocat spécialisé en droit des sociétés afin d'être sûr de la validité des statuts, véritable socle pour l'entreprise. Fort heureusement, via des connaissances, nous avons pu obtenir cette rédaction à un prix très modeste, soit 300 € (comptez 1 000 € normalement).

Nous en avons profité pour inclure une clause pour éviter les blocages. En cas de décision impliquant une somme importante, nous devons être tous les 2 d'accord. En contrepartie, pour les sommes plus modestes, chacun peut décider librement sans attendre l'aval de l'autre. C'est donc beaucoup plus rapide, ce qui est important au quotidien. Après quelques relectures, le document était prêt en quelques semaines.

La réflexion sur les droits d'auteur

Comment gérer le transfert des droits de Mathieu et moi vers la société ? En effet, nous voulions intégrer le Site du Zéro comme produit de la société. Celle-ci a donc besoin des droits d'exploitation de ce site. Cela recouvre les droits des cours rédigés par Mathieu et aussi du logiciel qui gère le site que j'ai en grande partie développé.

N'étant pas spécialistes du droit français, nous avons demandé l'aide d'un avocat qui a rédigé un contrat de cession des droits d'exploitation des cours et du logiciel. Ainsi, la société a acquis l'intégralité de ces droits, nous laissant complètement démunis. :( Fort heureusement, la société nous appartient également, cela revient donc au même pour nous ! Cette manoeuvre un peu surprenante (se vendre à soi-même ce qu'on a réalisé) pourrait faire penser à une "magouille" mais il n'en est rien. Nous avons fait valider cette opération auprès de notre expert-comptable et il s'est avéré que c'était une opération assez courante et en aucun cas gênante. Cela tombait bien, ça nous arrangeait pour légaliser les droits.

Le nom de la société

Logo Simple IT SARL Le nom du Site du Zéro a été choisi en 30 secondes à l'époque mais cela n'a pas été le cas pour Simple IT ! Nous nous sommes réunis virtuellement autour d'un tableau blanc en essayant de formuler le plus de noms possibles. A la fin, nous avons choisi celui qui nous plaisait le plus, qui sonnait correctement à l'oreille, qui avait un sens et enfin qui n'était pas déjà déposé en France.

Simple IT a une double signification :

  • Simple Information Technology, soit "Technologie de l'information facile" (ça sonne mieux en anglais non ?)
  • Simple it, ce qui, en anglais assez approximatif, correspond à "Simplifie ça"

Finalement, ce nom, ainsi que Site du Zéro et Zozor, le nom de la mascotte du Site du Zéro, sont tous trois des marques françaises déposées, ainsi que leurs logos respectifs. Nous nous sommes rendus à l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) pour réaliser ces formalités après avoir payé 700 euros bien entendu.

Le lieu d'implantation

Mes parents habitent du côté d'Avignon et j'étudie à Lyon. Les parents de Mathieu sont dans le Gard mais il étudie à Villejuif, en région parisienne. Le choix du lieu d'implantation de la société était vaste.

Nous avons hésité grossièrement entre Paris et Lyon. Notre choix s'est porté sur Paris, plus central et plus porteur. De plus, en tant qu'ingénieur, il n'est pas rare de venir travailler sur Paris.

L'école d'ingénieur de Mathieu, l'EFREI, aide les créateurs d'entreprise en leur proposant une boîte aux lettres à l'école ce qui permet de se déclarer à l'adresse de l'école et d'avoir accès au courrier très facilement. Nous avons opté pour cette solution, qui a duré jusqu'à la création de nos bureaux actuels à Bourg-la-Reine. La société a donc été créée à l'adresse de l'EFREI, à Villejuif, dans la banlieue sud de Paris.

Les aides financières, les conseils

Ayant tous les deux moins de 26 ans, nous étions éligibles à l'ACCRE (Aide pour les Chômeurs, Créateurs, Repreneurs d’Entreprises), une exonération quasi-totale des charges sociales la première année. Cela représente mine de rien la coquette somme d'environ 4500 € par personne ! Coup de chance, nous apprenons que depuis le 1er janvier 2007, le dossier de l'ACCRE est très largement simplifié !

Enfin, nous avons eu accès, via la même aide, aux chèquiers-conseil. Ils permettent de payer des personnes spécialisées pour se faire conseiller avant ou après la création d'entreprise : avocats, juristes, expert-comptables, etc. L'état paie environ 45 € par chèque de 60 €, soit les 3/4. L'entreprise a accès à 3 chéquiers de 6 chèques de 60 €, au maximum.

Par la suite, nous avons parlé de cette aventure à un maximum de gens ce qui nous permet d'avoir des conseils à droite et à gauche, via des relations. C'est toujours bon à prendre lorsque l'on n'y connaît rien.

Pour finir, Internet est toujours une ressource infinie, avec l'excellent site de l'APCE (Agence Pour la Création d'Entreprises).

Se jeter à l'eau

Lorsque les documents principaux étaient prêts, les recherches abouties, le planning établi, nous avons pu décider d'une date pour se réunir et créer effectivement Simple IT courant janvier 2007. Bien sûr, il fallait se rendre physiquement à la CCI (Chambre de Commerce et d'Industrie) dont Villejuif dépend, en l'occurrence la CCI de Créteil. Je suis donc monté en train de Lyon pour quelques jours. A ce stade, nous avions établi un planning précis et très chargé pour réaliser toutes les démarches en un temps limité. En effet, j'étais toujours en période de cours.

L'administration française

La première étape a été de trouver un journal d'annonces légales afin de publier la création de la société, ce qui est légalement obligatoire malgré le coût d'une annonce légale (au moins 150 €). Bien sûr, il s'est avéré que le journal auquel nous pensions avait déménagé ce qui n'a pas simplifié la tâche.

Il a fallu ouvrir un compte bancaire au nom de la société. Pour cela, la banque nous demande le numéro d'identification de la société (code SIREN). Nous ne l'avons fait pas encore car il faut créer la société pour cela. Or, pour créer la société, il faut un compte bancaire. On se marche vraiment sur la tête. Malgré tout, nous arrivons à comprendre la démarche : il faut ouvrir un compte bloqué avec l'argent du capital, soit 2 000 € dans notre cas (1 000 € chacun), puis nous pourrons le débloquer lorsque la société sera créée.

Puis nous avons pu enfin nous rendre à la CCI de Créteil pour établir officiellement la société. Arrivés là-bas, on nous apprend quasiment par hasard qu'il nous faut déposer le dossier de l'ACCRE absolument avant l'établissement de la société. Pas de problème, nous passons à la poste photocopier les documents nécessaires et allons directement au bureau ACCRE. Bien sûr, celui-ci a fermé ses portes juste sous nos nez : "Revenez demain"...

Finalement, le lendemain, après à nouveau 1h30 de transports en commun, nous avons pu finaliser l'intégralité des formalités administratives, après s'être délestés d'une centaine d'euros, bien sûr.

Simple IT enfin officiellement déclarée !

Le 17 janvier 2007, la SARL Simple IT est officiellement créée, avec un capital social de 2 000 € réparti équitablement entre les 2 actionnaires que nous sommes. Il restera enfin à finaliser la paperasse concernant la banque, l'ACCRE, les impôts, l'expert-comptable, les documents légaux, ... durant les mois de janvier et février !

Finalement, la création de la société nous aura coûté quelques milliers d'euros en taxes, frais, déplacements, dépôts de marque et autres surprises administratives. Il aura fallu quelques mois pour que nous puissions nous rembourser de cette avance faite personnellement à la société.