Simple It, le Blog

Thème Dotclear pour Simple IT

Simple IT logoUn grand merci à Deadpixel, un membre du SdZ qui nous a proposé spontanément de créer le thème Simple IT pour notre blog. :)

Il n’en est pas à son coup d’essai car il a déjà créé plusieurs thèmes pour Dotclear. C’est d’ailleurs ce qui lui a permis de créer ce thème en un temps record. ;)

Voilà, on se sent déjà un peu plus chez nous. Encore merci à lui !

Une question de flexibilité

Comme j’en parlais dans le billet précédent, le démarrage est l’étape la plus délicate et la plus incertaine de la vie d’une entreprise. C’est à ce moment-là que vous avez le moins d’assurance de réussir, et donc le plus de chances de rencontrer un échec.

Un des éléments les plus pressurisants est sans nul doute le salaire. Si tant est qu’on puisse parler de salaire tout court d’ailleurs. Si on peut certes vivre en autarcie un moment, ce n’est clairement pas une solution viable à moyen terme (et je ne vous parle pas du facteur psychologique qui intervient).

C’est pour cela que je pense que, plus que tout autre chose, il faut savoir être flexible. Je vois des collègues entrepreneurs faire usage de cette flexibilité autour de moi, et d’une certaine manière je prends un peu la même direction. Attention, il ne s’agit pas pour autant de s’éparpiller, mais d’équilibrer à la fois son compte et le taux de stress qui peut en résulter.

Concrètement, je vais donner des cours à l’EFREI à partir de lundi. Plus exactement, je vais assurer des TP de langage C (puis plus tard de C++) auprès d’étudiants de L’3 (pour majorité issus de classe prépa et venant d’intégrer l’école). La particularité est que je n’aurai à donner de cours qu’un seul jour par semaine (le lundi justement) ce qui me laisse un maximum de temps libre le reste de la semaine pour m’occuper bien évidemment de Simple IT et du SdZ.

Quels sont mes objectifs et pourquoi je fais ça ?

  • Il y a tout d’abord l’aspect financier que j’évoquais au début. Cela permet d’équilibrer le compte personnel tout en investissant un minimum de temps pour ne pas perdre de vue l’objectif principal : la boîte.
  • Il y a ensuite un second aspect plus personnel, l’aspect pédagogique. Cela me permet de mettre en pratique les cours de C dans un contexte très « pratique » justement, puisqu’il s’agit de TP. Je peux mesurer l’efficacité de mes cours, ce qui fonctionne bien et ce qui peut être amélioré.
  • Il y a enfin un aspect plus professionnel, de prospection je dirais. Il me permet de « voir » vraiment une partie des visiteurs du SdZ (qui sont pour beaucoup des étudiants justement) et de cerner leurs attentes en dehors des tutoriels purs. Peut-être que des besoins seront exprimés (ou peut-être que je les sentirai), et cela peut aider notablement à l’orientation de Simple IT vers un marché ou un autre.

Sans vouloir lâcher le mot trop tôt, vous aurez certainement remarqué un sondage à propos d’un livre « Site du Zéro » et un autre à propos de ceux qui impriment déjà eux-mêmes les tutoriels. Ces sondages sont tout sauf anodins. Il nous reste, certes, encore beaucoup à faire (notamment du côté des décisions), et nous aurons le temps d’en reparler. Nos choix aujourd’hui auront des répercussions importantes demain, et il est vital pour nous de faire les meilleurs choix possibles.

En attendant que le contexte soit plus favorable, je maintiens une certaine flexibilité. Si en plus de cela je reste pratiquement autant disponible, c’est tout bénéf’. :)

La vie trépidante de M. Argent (2/ Point de vue du gérant)

Nota : ce billet est la suite de celui-ci.

Billets

Je me rends compte qu’une partie des gens pense que quelqu’un qui crée une entreprise devient immédiatement riche, ou du moins « aisé ». C’est en tout cas l’impression que j’ai parfois.

Le problème, c’est qu’on a tendance à prendre le problème à l’envers. Avant de penser « combien vous allez gagner« , il faut surtout penser comment la boîte va marcher. Ensuite, et ensuite seulement, vous pourrez répondre à la question « est-ce que vous allez gagner de l’argent et combien« . C’est ce que j’ai essayé d’expliquer dans le précédent billet.

Maintenant que nous avons vu dans les grandes lignes comment la boîte fonctionne (quelles sont ses rentrées et sorties d’argent), parlons du reversement de cet argent à ceux qui travaillent dans la boîte.

Une des plus grosses charges des entreprises, ce sont les salaires. Et c’est là que les choses deviennent moins drôles.

Les charges sociales et patronales

Si votre boîte a besoin d’employés pour démarrer (parce que, par exemple, vous ne pouvez pas tenir votre salon de coiffure tout seul), il va falloir les payer. Une évidence bien sûr, mais si j’enfonce des portes ouvertes c’est pour une bonne raison : les salariés sont une très grosse charge pour l’entreprise. En France du moins, car j’ai pu comparer avec d’autres pays pour me rendre compte que la situation est beaucoup moins asphyxiante pour l’entreprise ailleurs. La situation en France est particulièrement compliquée.

Le problème est le suivant : vous voulez payer quelqu’un disons 1600€ par mois. Vous pensez donc que la boîte va débourser 1600€ tous les mois pour le payer. Simple, logique. Eh bien non, c’est plus compliqué que cela.

Pour chaque salaire, vous devez mettre de côté de l’argent pour la caisse de retraite, pour l’assurance maladie et bien d’autres choses. Cela repose sur le principe de solidarité : il est possible que vous payiez bien plus de cotisations dans votre vie que vous n’en bénéficierez en retour. En effet, si vous n’êtes jamais malade par exemple, vous aurez payé beaucoup sans que cela ne vous soit finalement utile. L’inverse est aussi possible, d’où la notion de solidarité.

Revenons à notre salarié qui touche 1600€ par mois. Cette somme est appelée le salaire net. A ces 1600€ que vous payez tous les mois à votre salarié, il faut ajouter un certain nombre de cotisations sociales. Celles-ci sont de 2 types :

  • Les cotisations sociales salariales : ce sont des charges payées par le salarié. Elles sont en fait retenues par l’employeur sur sa fiche de paie. Le salaire net + les cotisations sociales salariales forment ce qu’on appelle le salaire brut. Dans notre cas, notre employé est peut-être payé 2000€ bruts, et ne touche vraiment que 1600€ nets au final. Voilà pourquoi il est important lorsque vous négociez votre salaire de savoir si votre futur employeur vous parle en net ou en brut !
  • Les cotisations sociales employeurs (ou charges patronales) : ce sont des charges payées par l’entreprise dont l’employé n’a en général pas connaissance ni conscience. Elles n’apparaissent pas sur la fiche de paie, mais l’entreprise les paie quand même. Le salaire net + les cotisations salariales + les cotisations employeurs forment ce qu’on appelle le salaire « super-brut ». Ces charges patronales sont beaucoup plus élevées que les charges salariales.

Grosso modo, si on met tout bout à bout, l’employeur débourse en pratique le double de ce que l’employé est réellement payé. Environ 3200 € dans notre cas (je simplifie le calcul, mais c’est l’ordre de grandeur).

Et là, vous ne voyez plus les choses de la même façon. Si vous voulez « embaucher » quelqu’un 1600€ par mois, il faut mettre le double de côté tous les mois ! Voilà pourquoi je disais que ça coûte cher !

Pourquoi est-ce spécifique à la France ?

J’ai mentionné plus tôt que les charges en France étaient particulièrement élevées. Il ne faut pas croire que dans les autres pays les cotisations sociales n’existent pas. On en rencontre presque partout. Cependant, la part de ces charges y est en général beaucoup moins élevée.

Ce graphique résume bien la situation :

Cotisations sociales dans différents pays

On compare ici les cotisations sociales dans plusieurs pays. En bleu la part des cotisations salariales, en rouge la part des cotisations patronales.

Les salariés ont conscience de la part bleue car c’est elle qui fait la différence entre leur salaire net et leur salaire brut. En revanche, ils ne voient jamais la part rouge qui est pourtant, comme vous pouvez le constater, la part la plus élevée la plupart du temps.

Du reste, le graphique parle de lui-même : pour embaucher quelqu’un 1600€ / mois, ça coûte beaucoup moins cher de le faire en Australie qu’en France ! Après bien sûr, les mécanismes de protection sociales sont en général bien moins complets dans ces pays-là qu’en France : on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

Ce dont je voulais faire prendre conscience surtout ici, c’est le poids de ces cotisations que l’employeur doit payer.

Bon, et vous, vous vous payez comment ?

On s’est intéressé ici au cas où l’employeur embauche un salarié. En ce qui nous concerne, nous n’avons pas de salarié pour le moment comme vous le savez peut-être (et les chiffres que je viens de vous donner un peu plus tôt devraient vous faire comprendre que la boîte doit gagner vraiment beaucoup d’argent pour pouvoir embaucher !).

Pierre et moi sommes gérants majoritaires dans la boîte. Cela signifie que nous sommes des travailleurs non salariés. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas être payés, ni même que nous ne bénéficions pas de couverture sociale (et heureusement !). Bon, il y a des différences entre un salarié et un non salarié (par exemple j’ai voulu me commander des chèques resto mais je n’ai pas pu, c’est réservé aux salariés), mais passons sur ces différences.

Nous pouvons nous payer de plusieurs façons différentes. On peut retenir surtout :

  • Le salaire de gérance : cela ressemble beaucoup au « salaire » classique d’un employé. On paie des cotisations sociales là-dessus dans le même ordre de grandeur.
  • Les dividendes : comme nous possédons des parts dans l’entreprise, nous sommes actionnaires. Si à la fin de l’année l’entreprise réalise des bénéfices (c’est-à-dire que son chiffre d’affaires est plus élevé que l’ensemble de ses charges), nous pouvons choisir de nous reverser tout ou partie de ces bénéfices en fonction des parts que nous possédons dans l’entreprise (50% chacun dans notre cas). Les cotisations sociales ne s’appliquent pas, mais l’Etat récupère quand même une partie de cet argent (dans des proportions moins élevées).

Le tout est de mixer judicieusement les deux. Si on se paie tout en salaire de gérance, on va payer énormément de cotisations sociales qui vont coûter très cher à l’entreprise… et nous ne voulons pas être un poids pour notre entreprise non plus.

Si on se paie tout en dividendes, d’une part on ne peut se payer qu’une fois par an (parce que les dividendes sont calculées à la fin de l’année) et d’autre part on ne cotise pas pour la retraite ou la maladie, ce qui nous retombera probablement dessus tôt ou tard.

Il faut donc bien réfléchir à la façon de se payer, car cela a des incidences pour la boîte comme pour nous. On peut par exemple se payer un salaire de gérance un peu moins élevé, mais rattraper cela avec le versement des dividendes à la fin de l’année.

En ce qui nous concerne, car c’est la vraie question que tout le monde se pose : notre situation ne nous permet pas de nous verser un salaire de gérance régulier. Pour autant, cette situation n’est pas encore un problème : nous avons l’intention d’augmenter notre chiffre d’affaires pour dans un premier temps pouvoir nous payer dans des proportions convenables. Ce sera toujours moins que ce qu’un ingénieur comme nous est en général payé (36 000 € bruts par an). Ce sera peut-être au début le tiers, la moitié, puis on se rapprochera du salaire d’un ingénieur.

Ce qui est certain, c’est que nous ne pouvons pas avoir fait les études que nous avons faites et être éternellement payés la moitié du salaire qu’on devrait toucher. Certes, il y a la passion, mais vous pouvez difficilement justifier cela à vos parents ou à votre entourage. Pourtant, nous ne sommes pas pressés pressés : nous savons qu’il faut du temps pour que les choses démarrent et, croyez-moi, nous oeuvrons pour que les choses s’améliorent progressivement.

Ce qui compte pour le moral, c’est que les choses progressent dans le bon sens. Si nous sommes moins payés que d’autres, ce ne sera pas trop dérangeant du temps que les perspectives sont bonnes et que ça évolue.

J’espère vous avoir éclairé un peu sur les raisons qui font que payer quelqu’un et se payer soi-même peut coûter très cher à l’entreprise. Voilà pourquoi nos salaires ne sont pas prioritaires pour le moment. Nous faisons des concessions mais espérons bien entendu rattraper cela à l’avenir.

Ce qui compte, c’est de croire en son projet tout en gardant un certain recul pour ne pas foncer droit dans un mur. Si vous voyez les choses sous cet angle, vous comprenez pourquoi le fait que nous ne touchions pratiquement rien pour le moment n’est pas un problème aujourd’hui.

Toi aussi, change de siège social

Damned!

Cela fait des mois que j’essaie de faire déménager « officiellement » le siège social de Simple IT. Actuellement, nous sommes domiciliés à l’EFREI depuis les débuts, à Villejuif dans le 94. Depuis que nous avons des bureaux à Bourg-la-Reine (début mars tout de même) nous avons souhaité que notre adresse de siège social soit inscrite là-bas, dans le 92 (c’est le département d’à côté). Le but étant que tout le courrier nous arrive désormais uniquement à Bourg-la-Reine, pour que je n’aie pas à passer à l’EFREI régulièrement récupérer les spams courriers importants qui nous sont envoyés.

J’ai eu un mal fou à comprendre tous les documents qu’il fallait réunir. Pierre m’a aidé et j’ai finalement fait un premier envoi vers juin avec des tonnes de dossiers remplis joints pour demander juste le changement du siège social. Dans le courrier il y avait :

  • Un formulaire déclaratif en 3 exemplaires
  • Des extraits de KBIS récents
  • La photocopie entière du bail commercial de location des bureaux
  • Des photocopies de carte d’identité
  • Une lettre en deux exemplaires signée sur l’honneur qui dit que oui, on a bien un siège social à Villejuif
  • Plein d’autres papiers que j’ai oubliés
  • … et bien sûr un joli chèque pour les frais de traitement

On me l’a renvoyé plusieurs semaines plus tard avec une liste aussi longue que pas claire : « il manque ça, ça, ça, ça, ça, et ça, et ça aussi, et ça et ça. Et faites-nous un chèque plus gros aussi svp« . Prenant mon courage à 3 mains, je m’occupe de la liste et j’ajoute les éléments un à un que je renvoie rapidement courant juillet… pour recevoir à nouveau tout le dossier en retour pour nous dire qu’il y a toujours un problème quand même.

Ils ne comprennent pas si on déménage le siège social ou l’établissement principal. On déménage les deux, mais l’établissement principal a seulement été créé temporairement à Lyon l’été dernier pour que Pierre puisse travailler avec des stagiaires. Il devrait être fermé depuis longtemps. Je me souviens bien que Pierre avait effectué la procédure de fermeture.

Du coup, j’ai essayé de joindre par téléphone la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Nanterre, car ce sont eux qui s’occupent du dossier. Pendant tout le mois d’août, pas de réponse. Forcément, c’était les vacances (pour eux hein, pas pour moi :p ).

Je les ai eu finalement ce matin, et ce qui en ressort c’est que (accrochez-vous) : il faut faire déménager l’établissement principal de Lyon vers Villejuif (alors que celui-ci n’existe plus et qu’il ne devrait plus être listé), puis faire déménager simultanément le siège social et l’établissement principal dans le 92 à Bourg-la-Reine. Facile. Ca va encore me prendre minimum 3-4 mois. Objectif : arriver à changer de siège social avant 2009. Courage.

La vie trépidante de M. Argent (1/ Point de vue de l’entreprise)

S’il y a une question qui revenait souvent dans vos commentaires, c’est bien « Comment vous faites pour vous payer ? Gagnez-vous vraiment de l’argent ? Je ne comprends pas comment on peut vivre d’un site« .

Billets

La question est simple et légitime. Malheureusement, y répondre ne sera vraiment pas simple. Les choses sont bien plus compliquées que cela : il y a plusieurs façons de se payer quand on est gérant de boîte comme nous, et toutes ont leurs avantages et leurs défauts. Finalement, on est loin de la situation « simple » du salarié qui reçoit sa fiche de paie et un virement tous les mois, le tout sans surprise (puisque le montant a été négocié dans le contrat de travail). Pour nous, il n’y a rien de tout cela et la situation est beaucoup plus volatile qu’il n’y paraît.

Avant toute chose, il me semble indispensable de définir les notions de chiffre d’affaires et de charges proprement afin que je sois sûr que nous nous comprenons bien. En clair, il faut que vous voyiez les choses du point de vue de l’entreprise avant de les voir du point de vue « combien vous touchez tous les mois ».

Le chiffre d’affaires et les charges de l’entreprise

C’est un peu le B.A.-BA, mais puisque le but de ce blog est aussi de vulgariser certaines notions qui ne sont pas connues de tout le monde, allons-y. :o)

Pour dire les choses simplement, une entreprise est censée gagner et perdre de l’argent régulièrement. Ce sont des flux qui vont et viennent depuis le compte bancaire de la boîte. La situation est comparable à votre relevé de compte : vous avez une colonne crédit (pour l’argent que vous gagnez) et une colonne débit (pour l’argent que vous perdez).

Dans le vocabulaire de l’entreprise, il y a des mots pour ça :

  • Chiffre d’affaires : c’est la quantité totale d’argent reçu par l’entreprise, qui vient de ses clients. En général, on calcule le chiffre d’affaires annuellement au moins, mais rien ne nous empêche de le faire tous les semestres voire tous les trimestres ou tous les mois. Il est néanmoins préférable de le calculer sur une longue période de temps pour avoir une bonne moyenne, car certains mois peuvent être très creux et d’autres bien meilleurs.
  • Charges : c’est la quantité totale d’argent dépensé par l’entreprise, pour payer ses prestataires mais aussi ses employés. Toute boîte a des charges et là encore, on peut les calculer annuellement, semestriellement, etc.

Bénéfices ou pertes ?

On peut le deviner aisément : le chiffre d’affaires fait un « + » sur le compte en banque tandis que les charges font un « -« .

Faisons la différence entre les deux : chiffre d’affaires – charges. Si vous avez bien suivi (et honnêtement ce n’est pas trop dur pour le moment :D), le résultat de cette opération vous indique combien d’argent il vous reste à la fin ou combien vous en devez. Les choses étant parfois bien faites, ce nombre est appelé résultat. Il est calculé chaque année.

  • Si le résultat est positif : l’entreprise a gagné de l’argent. Elle est bénéficiaire.
  • Si le résultat est négatif : l’entreprise a perdu de l’argent. Elle est déficitaire.
  • Cas particulier, si le résultat est nul : l’entreprise n’a ni gagné ni perdu de l’argent. On dit qu’elle est à l’équilibre.

Toutes les entreprises ne sont pas bénéficiaires, loin de là. Bien sûr, l’objectif ultime de toute entreprise est d’arriver à ce stade bénéficiaire et, si possible, de faire beaucoup de bénéfices. C’est dans la nature humaine que de se fixer des objectifs toujours plus ambitieux. Quand vous avez obtenu quelque chose, vous êtes content un moment, puis vous vous mettez en tête un nouvel objectif, plus difficile à atteindre. C’est comme cela que l’on avance. On ne se dit pas un jour « Ah ça y est, j’ai tout ce que je voulais, bon je reste comme ça, je ne bouge pas ». On a quoiqu’on en dise toujours un nouvel objectif (qui n’est pas forcément financier, notez bien).

Investir et risquer son argent

Mais je m’égare. Avant d’arriver au stade bénéficiaire, il est courant qu’une entreprise passe par le stade déficitaire. En règle générale, on met du temps à démarrer et à réaliser du chiffre d’affaires tout en réduisant les charges.

Prenons un exemple que vous connaissez peut-être : le journal Métro. C’est un journal gratuit (comme le « 20 minutes ») diffusé dans le métro. Que pensez-vous de cette boîte ? Le journal est gratuit mais blindé de publicités, « ils doivent se faire beaucoup d’argent ». C’est faux. Cela fait des années que Métro existe (depuis 2002) et il a commencé par perdre de l’argent chaque année. Depuis 2005, Métro a atteint l’équilibre. Mais pour y parvenir, son principal propriétaire, TF1, y a cru et a dû investir.

Roulette

C’est pour cela qu’il y a des investisseurs : des gens qui ont de l’argent et qui acceptent de vous en donner. Ils ne vous le prêtent pas, ils vous le donnent. Ce n’est pas comme un emprunt à une banque : on n’a rien à rembourser. L’investisseur prend un vrai risque : si la boîte dans laquelle il a investi (donné de l’argent) réussit, tant mieux pour lui : il gagnera plus d’argent qu’il n’en avait misé au départ. Si elle coule, il a tout perdu et il ne peut absolument rien réclamer. C’est un peu comme jouer son argent au loto, à la différence près que l’on ne compte pas sur le hasard mais sur sa confiance envers l’entreprise dans le fait qu’elle va réussir.

Des gens qui investissent, il y en a tous les jours. Ce ne sont pas forcément des gros requins de la finance (mais il y en a). C’est aussi vous, vos parents, vos connaissances qui investissent leur argent. Quand on ne s’y connaît pas trop, on laisse en général sa banque gérer notre argent (pour peu qu’on ait ouvert un compte titre, car l’argent sur un compte chèque y reste). La banque investit votre argent dans des entreprises, parfois grosses, parfois plus petites, en essayant de miser sur les « bonnes » qui vont réussir. Si ça marche, vous gagnez, si ça rate, vous perdez.

Le cas de Simple IT

L’investissement de départ d’une entreprise réside dans son capital. Comme vous l’avez lu récemment, Simple IT a un capital de 2 000 €. Disons les choses sèchement d’un point de vue financier : c’est complètement ridicule comme investissement. Mais comme je tiens à le répéter, chaque entreprise est un cas un peu particulier et on doit s’y intéresser de près pour comprendre ses choix. Il est royalement vain de comparer – par exemple – Simple IT et Google (quoique certains n’ont pas hésité à le faire, merci, c’est flatteur, mais Google et nous on ne vit pas du tout dans le même monde :D ). Dans notre cas, nous avions déjà le Site du Zéro dès le début de l’entreprise et nous le considérons comme un produit à valeur ajoutée pour la boîte. Mais nous n’avons pas demandé à un investisseur de nous aider en nous donnant – par exemple – quelque chose comme 50 000 ou 100 000 euros. Au contraire, de grosses entreprises telle que Google ont dès le départ levé des fonds et recueilli des millions de dollars de la part d’investisseurs pour démarrer. Comme vous le voyez, c’est plus qu’un fossé qui sépare les « grosses boîtes dont vous entendez parler » et les « petites boîtes anonymes comme la nôtre ».

Quoiqu’il en soit, il faut savoir qu’il n’est jamais trop tard pour rechercher un investisseur même après la création. Nous ne l’avons pas fait car pour le moment nous ne pourrions pas utiliser cet argent, mais rien ne nous empêche de le faire à l’avenir si vraiment le besoin s’en fait sentir pour une raison ou une autre. Le défaut (mais qui est normal en fait), c’est que l’investisseur prend des parts dans l’entreprise et donc qu’on perd un peu en indépendance. Ce n’est jamais trop grave tant que l’on conserve plus de 50% des parts : on a toujours le dernier mot pour prendre des décisions.

Vous vous demandez certainement où nous nous situons. Nous pouvons vous répondre dans les grandes lignes, sans donner un chiffre précis car ce serait trop exposer le coeur de la boîte à ses partenaires et concurrents. Alors la bonne nouvelle, c’est que dès sa première année d’exploitation, Simple IT a été bénéficiaire. De peu. En fait, on devrait plutôt considérer à ce stade qu’on est à l’équilibre. C’est donc déjà très encourageant, sans être non plus immédiatement la panacée (s’il n’y a pas de challenge, ce n’est pas rigolo ;o).

La suite au prochain épisode

Je vous ai présenté ici les grandes lignes de ce qu’il faut savoir vis à vis de l’argent du point de vue de l’entreprise. Dans un prochain billet, nous nous intéresserons aux questions d’argent du point de vue du gérant (nous). Vous verrez que les deux sont intimement liés, qu’ils poursuivent en quelque sorte le même but mais avec un angle de vision des choses très différent. Vous verrez aussi qu’il faut savoir sacrifier son propre point de vue au profit de celui de l’entreprise. Plus facile à dire qu’à faire, et pourtant nécessaire si on ne veut pas foncer droit dans un mur.

La création : toute une aventure

Pour poursuivre le précédent billet, je vais maintenant détailler la phase de création de Simple IT. Cela commence en été 2006, environ 6 mois après la sortie et le succès de la nouvelle version du Site du Zéro. Elle se termine quelques mois plus tard, en janvier 2007, par la déclaration officielle de la société Simple IT.

La période de réflexion

A partir de l’été 2006, Mathieu et moi étions dans cette phase de doute, ne sachant pas encore comment le Site du Zéro allait évoluer. Nous nous sommes rapidement convaincus qu’une structure légale était nécessaire pour poursuivre l’aventure. En effet, avant Simple IT, toutes les sommes d’argent générées par les publicités et absorbées par l’hébergement et les serveurs dédiés transitaient sur le compte courant personnel de Mathieu. Ce n’était pas simple à gérer ni très logique vu l’ampleur que venait de prendre le site. A ce stade on a normalement une structure spéciale pour une telle activité.

Cette phase de réflexion a duré quasiment 6 mois afin d’aboutir réellement en janvier 2007 sur la création de la société. En règle générale, cette phase peut même durer beaucoup plus longtemps. Dans notre cas, l’activité étant déjà lancée, l’analyse et la réflexion ont été largement raccourcies.

Le choix final : la SARL

Nous avions plusieurs choix de structure qui s’offraient à nous :

  1. Une association : c’est très peu cher et facile à créer. Cependant, nous savions dès le départ que nous voulions à terme nous rémunérer de cette activité. Faute de quoi, nous serions obligés de travailler après la fin de nos études, ce qui signerait certainement la fin de l’aventure. Les gérants d’association ne peuvent se rémunérer que dans des cas très spécifiques et réglementés. Autrement dit, nous avons écarté cette possibilité.
  2. Continuer comme avant : le problème se posait au niveau de la loi et du fisc. Nous souhaitions également poser officiellement notre part de ce travail et nous lier mutuellement afin que chacun ne parte pas du jour au lendemain. En effet, l’un sans l’autre ne pouvait maintenir le Site du Zéro à lui tout seul.
  3. Devenir indépendant : il s’agit du régime des micro-entreprises. Malheureusement, cela est réservé à des entreprises individuelles. Nous étions plutôt partis sur une répartition équitable de la structure et de ses responsabilités.
  4. Créer une société : c’est la solution choisie car elle possède tous les avantages requis. En contrepartie, elle coûte plutôt cher (en impôts et en taxes).

Enfin, il existe plusieurs formes de sociétés. Je ne citerai que les principales malgré le fait qu’il en existe un grand nombre :

  1. L’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) : il s’agit d’une entreprise à une seule personne, ce qui ne convient pas dans notre cas. C’est en gros l’équivalent d’une SARL qui ne peut être gérée que par une personne.
  2. La SAS (Société par Actions Simplifiées) : c’est un statut réservé aux entreprises déjà plus importantes. Elle est souple et puissante mais nécessite une administration trop contraignante.
  3. La SARL (Société A Responsabilité Limitée) : c’est la forme de société commerciale la plus commune en France. Elle est simple, pratique et c’est (relativement) une des moins coûteuses.

Nous avons finalement choisi la SARL en nous associant, Mathieu et moi, à hauteur de 50% du capital chacun. L’égalité est parfaite mais peut être bloquante en cas de mésentente sur une décision. Par exemple, si Mathieu veut acheter un nouveau serveur mais que je ne le souhaite pas, nous ne pouvons pas décider car chacun a le même poids (50 %) dans la société. Bien sûr, pour un serveur, ce n’est pas grave mais cela peut le devenir sur une décision majeure.

La rédaction des statuts

Nous nous sommes penchés sur les statuts, c’est-à-dire le document présentant la société, son activité, ses propriétaires (on parle d’actionnaires) ainsi que son règlement intérieur. Nous avons fait rédiger ce document par un avocat spécialisé en droit des sociétés afin d’être sûr de la validité des statuts, véritable socle pour l’entreprise. Fort heureusement, via des connaissances, nous avons pu obtenir cette rédaction à un prix très modeste, soit 300 € (comptez 1 000 € normalement).

Nous en avons profité pour inclure une clause pour éviter les blocages. En cas de décision impliquant une somme importante, nous devons être tous les 2 d’accord. En contrepartie, pour les sommes plus modestes, chacun peut décider librement sans attendre l’aval de l’autre. C’est donc beaucoup plus rapide, ce qui est important au quotidien. Après quelques relectures, le document était prêt en quelques semaines.

La réflexion sur les droits d’auteur

Comment gérer le transfert des droits de Mathieu et moi vers la société ? En effet, nous voulions intégrer le Site du Zéro comme produit de la société. Celle-ci a donc besoin des droits d’exploitation de ce site. Cela recouvre les droits des cours rédigés par Mathieu et aussi du logiciel qui gère le site que j’ai en grande partie développé.

N’étant pas spécialistes du droit français, nous avons demandé l’aide d’un avocat qui a rédigé un contrat de cession des droits d’exploitation des cours et du logiciel. Ainsi, la société a acquis l’intégralité de ces droits, nous laissant complètement démunis. :( Fort heureusement, la société nous appartient également, cela revient donc au même pour nous ! Cette manoeuvre un peu surprenante (se vendre à soi-même ce qu’on a réalisé) pourrait faire penser à une « magouille » mais il n’en est rien. Nous avons fait valider cette opération auprès de notre expert-comptable et il s’est avéré que c’était une opération assez courante et en aucun cas gênante. Cela tombait bien, ça nous arrangeait pour légaliser les droits.

Le nom de la société

Logo Simple IT SARL Le nom du Site du Zéro a été choisi en 30 secondes à l’époque mais cela n’a pas été le cas pour Simple IT ! Nous nous sommes réunis virtuellement autour d’un tableau blanc en essayant de formuler le plus de noms possibles. A la fin, nous avons choisi celui qui nous plaisait le plus, qui sonnait correctement à l’oreille, qui avait un sens et enfin qui n’était pas déjà déposé en France.

Simple IT a une double signification :

  • Simple Information Technology, soit « Technologie de l’information facile » (ça sonne mieux en anglais non ?)
  • Simple it, ce qui, en anglais assez approximatif, correspond à « Simplifie ça »

Finalement, ce nom, ainsi que Site du Zéro et Zozor, le nom de la mascotte du Site du Zéro, sont tous trois des marques françaises déposées, ainsi que leurs logos respectifs. Nous nous sommes rendus à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) pour réaliser ces formalités après avoir payé 700 euros bien entendu.

Le lieu d’implantation

Mes parents habitent du côté d’Avignon et j’étudie à Lyon. Les parents de Mathieu sont dans le Gard mais il étudie à Villejuif, en région parisienne. Le choix du lieu d’implantation de la société était vaste.

Nous avons hésité grossièrement entre Paris et Lyon. Notre choix s’est porté sur Paris, plus central et plus porteur. De plus, en tant qu’ingénieur, il n’est pas rare de venir travailler sur Paris.

L’école d’ingénieur de Mathieu, l’EFREI, aide les créateurs d’entreprise en leur proposant une boîte aux lettres à l’école ce qui permet de se déclarer à l’adresse de l’école et d’avoir accès au courrier très facilement. Nous avons opté pour cette solution, qui a duré jusqu’à la création de nos bureaux actuels à Bourg-la-Reine. La société a donc été créée à l’adresse de l’EFREI, à Villejuif, dans la banlieue sud de Paris.

Les aides financières, les conseils

Ayant tous les deux moins de 26 ans, nous étions éligibles à l’ACCRE (Aide pour les Chômeurs, Créateurs, Repreneurs d’Entreprises), une exonération quasi-totale des charges sociales la première année. Cela représente mine de rien la coquette somme d’environ 4500 € par personne ! Coup de chance, nous apprenons que depuis le 1er janvier 2007, le dossier de l’ACCRE est très largement simplifié !

Enfin, nous avons eu accès, via la même aide, aux chèquiers-conseil. Ils permettent de payer des personnes spécialisées pour se faire conseiller avant ou après la création d’entreprise : avocats, juristes, expert-comptables, etc. L’état paie environ 45 € par chèque de 60 €, soit les 3/4. L’entreprise a accès à 3 chéquiers de 6 chèques de 60 €, au maximum.

Par la suite, nous avons parlé de cette aventure à un maximum de gens ce qui nous permet d’avoir des conseils à droite et à gauche, via des relations. C’est toujours bon à prendre lorsque l’on n’y connaît rien.

Pour finir, Internet est toujours une ressource infinie, avec l’excellent site de l’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprises).

Se jeter à l’eau

Lorsque les documents principaux étaient prêts, les recherches abouties, le planning établi, nous avons pu décider d’une date pour se réunir et créer effectivement Simple IT courant janvier 2007. Bien sûr, il fallait se rendre physiquement à la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie) dont Villejuif dépend, en l’occurrence la CCI de Créteil. Je suis donc monté en train de Lyon pour quelques jours. A ce stade, nous avions établi un planning précis et très chargé pour réaliser toutes les démarches en un temps limité. En effet, j’étais toujours en période de cours.

L’administration française

La première étape a été de trouver un journal d’annonces légales afin de publier la création de la société, ce qui est légalement obligatoire malgré le coût d’une annonce légale (au moins 150 €). Bien sûr, il s’est avéré que le journal auquel nous pensions avait déménagé ce qui n’a pas simplifié la tâche.

Il a fallu ouvrir un compte bancaire au nom de la société. Pour cela, la banque nous demande le numéro d’identification de la société (code SIREN). Nous ne l’avons fait pas encore car il faut créer la société pour cela. Or, pour créer la société, il faut un compte bancaire. On se marche vraiment sur la tête. Malgré tout, nous arrivons à comprendre la démarche : il faut ouvrir un compte bloqué avec l’argent du capital, soit 2 000 € dans notre cas (1 000 € chacun), puis nous pourrons le débloquer lorsque la société sera créée.

Puis nous avons pu enfin nous rendre à la CCI de Créteil pour établir officiellement la société. Arrivés là-bas, on nous apprend quasiment par hasard qu’il nous faut déposer le dossier de l’ACCRE absolument avant l’établissement de la société. Pas de problème, nous passons à la poste photocopier les documents nécessaires et allons directement au bureau ACCRE. Bien sûr, celui-ci a fermé ses portes juste sous nos nez : « Revenez demain »

Finalement, le lendemain, après à nouveau 1h30 de transports en commun, nous avons pu finaliser l’intégralité des formalités administratives, après s’être délestés d’une centaine d’euros, bien sûr.

Simple IT enfin officiellement déclarée !

Le 17 janvier 2007, la SARL Simple IT est officiellement créée, avec un capital social de 2 000 € réparti équitablement entre les 2 actionnaires que nous sommes. Il restera enfin à finaliser la paperasse concernant la banque, l’ACCRE, les impôts, l’expert-comptable, les documents légaux, … durant les mois de janvier et février !

Finalement, la création de la société nous aura coûté quelques milliers d’euros en taxes, frais, déplacements, dépôts de marque et autres surprises administratives. Il aura fallu quelques mois pour que nous puissions nous rembourser de cette avance faite personnellement à la société.

Résumé des épisodes précédents

Avant d’aller plus loin dans ce blog, il me semble nécessaire de faire un très bref résumé de ce qui nous a conduit à créer Simple IT et à nous associer Pierre et moi. La plupart de ces éléments sont connus des visiteurs assidus du Site du Zéro mais nous ne partons pas ici du principe que tous nos lecteurs seront nécessairement des visiteurs du site. Nous avons aussi l’ambition d’aider de futurs entrepreneurs en présentant ici notre expérience.

L’absence totale de business plan

Tout d’abord, il faut signaler que nous considérons notre cas comme étant un peu particulier. En effet, traditionnellement une boîte ne se crée pas à partir d’un projet personnel. Du moins, pas à partir d’un projet que l’on a maintenu à titre personnel pendant 7 ans sur notre temps libre pendant les études. C’est plutôt rare.

En pratique, une personne a une idée pour monter une entreprise et pour en faire une activité viable. Elle voit, au moins dans les grandes lignes, comment produire un service ou un produit et quels seront ses clients. Elle s’attelle alors à rédiger ce qu’on appelle un business plan, qui est en gros un document incontournable pour tous les entrepreneurs et qui explique quelles seront les activités de la boîte, comment celle-ci va trouver des clients, comment elle va gagner de l’argent et si possible une estimation de combien (on parle plutôt d‘objectifs).

Le démarrage

Dans notre cas, il n’y avait à la base rien de tout cela. A l’origine, c’est moi qui ai lancé un modeste « site perso » comme on appelait cela à l’époque (aujourd’hui, on aurait peut-être plutôt eu tendance à parler de blog). C’était une époque où développer sous Frontpage pour IE5 n’était pas une hérésie, et où on voyait une profusion de gif animés super cools sur la plupart des pages web. C’était en 1999.

Ce site, rapidement intitulé « Le Site du Zéro » après une réflexion d’environ 60 secondes (véridique !) n’était pas si différent de ce qu’il est devenu aujourd’hui : un lieu proposant des ressources gratuites pour aider les débutants dans les sujets qui me passionnaient, notamment la création de site web ou encore la création de mondes en 3D. Globalement, ces sujets se trouvaient être très liés à l’informatique.

Si vous aussi vous lancez un site web aujourd’hui, il est probable que vous ayez autant de visiteurs que j’en avais : moi, ma famille, quelques amis, guère plus. Au contraire de certaines boîtes qui disposent dès le départ d’une solide trésorerie (traduisez « beaucoup d’argent à investir« ) qu’ils peuvent utiliser pour faire de la publicité pour le site nouvellement créé, je n’avais rien et, ma foi, je n’avais pas d’autre objectif que d’aider dans l’immédiat mes amis et quelques égarés du Web. Je n’ai donc jamais fait la moindre publicité pour le Site du Zéro, et cela reste (presque) vrai à ce jour. Tout a toujours fonctionné grâce au bouche à oreille et grâce, du moins c’est ce que je pense, au contenu qui a attiré la plupart des visiteurs en quête de cours compréhensibles qu’ils ne trouvaient nulle part ailleurs. Comme moi.

Finalement, le Site du Zéro est parti d’une idée toute bête : j’ai créé un contenu dont j’avais eu besoin et que j’avais cherché en vain. Rien sur le Web, rien dans des livres. Faute de pouvoir trouver des cours vraiment accessibles aux débutants, j’ai décidé de les créer afin de me prouver à moi-même dans un premier temps que c’était possible de le faire, puis de le prouver à quelques internautes de passage.

Le succès, relatif

Il n’est pas venu de suite. Loin de là. Pendant longtemps le site est resté peu actif, bien que je continuais à l’alimenter régulièrement en contenu. Je n’ai d’ailleurs jamais compté sur autre chose que sur un contenu régulièrement enrichi pour créer de la valeur autour d’un site web. C’est aussi pour cela que je regarde aujourd’hui un peu comme un papy dépassé tous ces sites « Web 2.0″ qui se construisent en un rien de temps, étiqueté d’un « bêta » fraîchement disposé en haut à droite de toutes les pages et qui comptent sur leurs visiteurs pour produire du contenu et un intérêt autour du site.

Notez que je ne médis pas ces sites-là. Je serais bien mal avisé de le faire : il y a bien longtemps que le Site du Zéro génère du contenu comme le font ces fameux sites Web 2.0, ne serait-ce que dans les forums, mais aussi et surtout dans les tutoriels grâce au module « Vos tutos » qui a considérablement encouragé les visiteurs à reproduire le modèle de mes tutoriels sur d’autres thèmes qu’ils maîtrisaient (et que bien souvent je ne maîtrisais pas ou pour lesquels je n’avais pas assez de temps à consacrer).

Malgré tout, cela m’était égal car à l’époque le site ne me demandait pas beaucoup trop de temps de présence et d’administration (même si cela ne m’empêchait pas d’y passer la plupart de mon temps libre). Le site pouvait donc continuer à évoluer au gré des premiers tutoriels proposés par les membres et sur les forums, pendant que de temps en temps je proposais de nouveaux chapitres pour l’un des cours que je rédigeais.

Le déclic

Bien qu’on ne puisse pas parler de réel déclic, il y a quand même eu une étape importante qui a probablement eu toutes les conséquences que nous constatons aujourd’hui. En effet, le site s’est toujours construit comme un ensemble de briques plus ou moins harmonieusement agencées les unes par rapport aux autres. Et encore je suis gentil, on devrait plutôt parler de château de cartes dans le cas présent.

On peut faire l’analogie avec les systèmes d’information des entreprises : ils se créent pour de petits besoins à la base et doivent évoluer avec le temps et les nouveaux besoins de l’entreprise. Pour nous, cela a été vraiment pareil. Mais les fondations du site étaient maladroites (faute d’expérience !) et nous avons fait le constat qu’il fallait reprendre toute l’architecture du site depuis le début pour pouvoir évoluer plus sereinement par la suite.

Je rappelle le contexte : lycéen en terminale S, plutôt préoccupé par ses notes de physique-chimie que par les fondations d’un site web qui n’était, après tout, qu’un passe-temps. Malgré tout, j’ai approuvé cette idée de reprendre tout à zéro et de reconstruire entièrement notre architecture et notre mode de fonctionnement. Bien m’en a pris, car je sais aujourd’hui que nous foncions droit dans un mur à la vitesse de la lumière avec ce château de cartes que nous avions bâti.

C’est à ce moment-là que j’ai fait la connaissance de Pierre, aussi connu sous le pseudonyme de karamilo sur le site. A la base il s’agissait d’un visiteur du site et non d’une connaissance personnelle. D’ailleurs, lorsque nous nous sommes alliés pour développer ce nouveau Site du Zéro (la version 3), je ne l’avais jamais vu ni rencontré. Je ne l’ai rencontré que bien plus tard.

Allez savoir comment, mais nous sommes venus à bout de ce projet au bout de 2 ans et des poussières de travail (plutôt 3 si on compte le tout), bien souvent intensif. Une chose qui me paraît inconcevable aujourd’hui et que je ne me vois pas reproduire. Probablement d’ailleurs que je ne me serais jamais lancé dedans si j’avais eu mieux conscience du travail que cela allait demander.

La bonne nouvelle, c’est que Pierre était déjà un concepteur hors pair avec de solides connaissances techniques, en PHP et SQL notamment. La plupart des concepts techniques qui ont construit les fondations de la v3 du site m’étaient alors totalement étrangers. Je pense que si j’avais su à l’époque qu’il était presque de 4 ans mon cadet, le choc aurait été d’autant plus violent.

L’envol

Passons sur ces années de développement intensif. Le fait est que nous avons fini par accoucher de ce travail avec l’aide et les conseils précieux de quelques autres développeurs notamment. Malgré tout, nous n’avons d’ailleurs jamais été plus de 3 à développer sur le site en même temps.

La « v3″ du site étant lancée, il y eut beaucoup de travail à abattre d’un point de vue technique pour corriger les bugs et améliorer les fondations existantes. C’est dans les années qui ont suivi le lancement de la v3 que le site a connu la plus forte croissance, comme en témoigne ce graphique.

Statistiques Site du Zéro

Bien qu’incomplet (il manque les années 1999 à 2003) ce graphique donne une petite idée de l’accélération qu’a subi le site à partir du lancement de la v3 fin 2005.

Plus de trafic signifiait plus de travail de gestion. Un temps fou passé à s’assurer que le site fonctionne, à corriger des bugs (parfois critiques), à communiquer auprès des visiteurs et du reste de l’équipe du site. Finalement, il restait bien peu de temps pour rédiger des cours. C’est toujours le cas à l’heure actuelle, notez bien.

Le choix de Simple IT

Arrivant sur la fin de nos études d’ingénieur Pierre et moi, nous avons dû prendre une décision tant le travail sur le site était devenu chronophage : arrêter tout ou s’y investir pleinement. Bien sûr, un juste milieu était possible : nous l’avons expérimenté, et ce durant plusieurs années. Il est arrivé un moment où ce n’était juste vraiment plus possible. Ce n’est pas faute d’avoir essayé de faire un stage tout en maintenant le site pour ma part : un vrai cauchemar. Sur l’ordi la journée pour le boulot, sur l’ordi le soir pour le Site du Zéro.

Nous avons donc décidé d’en faire une activité professionnelle et de préparer le terrain en créant une SARL dont Pierre et moi serions les associés. Il s’agissait de préparer le terrain pour que tout soit prêt et que nous puissions nous y investir pleinement lorsque nous deviendrions des actifs, comme on dit.

Nous avons passé un temps important à effectuer les démarches administratives, comptables, etc. Nous y reviendrons sûrement au cours de futurs billets, là mes doigts commencent à fatiguer. ;o)

Je suis à l’heure actuelle sur le point d’être diplômé, j’ai effectué mes 6 mois de « stage de fin d’études » dans ma propre boîte. Ce genre d’initiative est accepté et même encouragé par les écoles d’ingénieur. Pierre quant à lui est en échange universitaire à Sydney et doit encore effectuer une année d’études avant d’être diplômé. Ce qui ne l’empêche pas de travailler et de mettre la main à la patte comme il l’a toujours fait.

Ouf. J’espère avoir résumé l’essentiel pour que ceux qui ne connaissaient pas le contexte puissent rattraper leur retard. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce qu’il s’est passé pour nous lors du lancement de la boîte et ce qui a suivi.

Nous souhaitons aussi rapidement parler des sujets simples mais actuels qui nous touchent au jour le jour. Aujourd’hui par exemple, si je n’avais pas prévu de rédiger ce billet, je vous aurais bien volontiers fait part de ma joie en découvrant que nous avons reçu un crédit d’impôts et un remboursement de Neuf Telecom, tous deux attendus depuis des lustres (et auxquels nous ne croyions plus). Oh, c’était quelques centaines d’euros (pas de quoi fouetter un chat à l’échelle d’une entreprise), mais ça nous rassure aussi quant à l’administration et à sa capacité à traiter correctement certains cas particuliers comme c’était le cas pour nous vis à vis des impôts. Bon promis, on reviendra sur ces choses-là. ;o)

Ouverture du blog de Simple IT

Bonjour !

Bienvenue sur le blog de Simple IT, l’entreprise qui édite le Site du Zéro mais aussi sa version anglaise Newbies Paradise.

Ce blog, que nous aurions peut-être dû créer dès le lancement de Simple IT, se veut être un carnet de route de nos aventures (si tant est qu’on peut appeler ça comme ça ;o). C’est aussi un moyen pour nous de communiquer sur ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons.

Pourquoi ce blog ?

Notre objectif est d’expliquer globalement notre stratégie aux visiteurs les plus assidus du Site du Zéro, qui seront probablement les premiers lecteurs de ce blog, en tenant compte du fait que bon nombre d’entre eux ne sont pas encore tout à fait familiers avec le monde de l’entreprise. C’est en tout cas le postulat que nous ferons ici. Ne soyez donc pas surpris s’il nous arrive, à plusieurs reprises, d’expliquer ce qu’est un chiffre d’affaires ou encore la différence entre un montant HT et un montant TTC. :o)

Nous avons constaté que bon nombre de visiteurs du SdZ (Site du Zéro) ne comprenaient pas certaines choses liées à l’entreprise qui nous semblaient pour nous évidentes. Élémentaires même. Et nous ne pouvons pas leur en vouloir : nous non plus nous ne sommes pas nés avec la science infuse, nous ne sommes pas des experts comptables, nous ne connaissons pas tous les rouages qui font tourner le monde dans lequel nous vivons. Nous avons fait des erreurs, nous en faisons et nous en ferons certainement bien d’autres. C’est sain. C’est comme cela que l’on apprend. Et c’est encore mieux si cette expérience est partagée, d’où la raison d’être de ce blog.

Qui sommes-nous ?

Ce blog sera animé par deux contributeurs, les deux associés de Simple IT :

  • Pierre Dubuc (pseudonyme SdZ « karamilo ») : étudiant à l’INSA de Lyon, actuellement en échange universitaire à Sydney en Australie pour sa dernière année.
  • Mathieu Nebra (pseudonyme SdZ « M@teo21″) : étudiant à l’EFREI de Villejuif en région parisienne, et bientôt diplômé (si tout va bien :D ).

Nous sommes donc tous deux de formation ingénieur (Bac +5). Nous avons intégré nos écoles respectives directement après le bac et avons effectué une prépa intégrée dans celles-ci. Pierre est de spécialité Télécoms et je suis pour ma part spécialisé dans les SI (Systèmes d’Information). Autant le dire tout de suite, nos spécialisations n’ont pas eu d’influence sur notre choix de créer une entreprise.

En plus de vouloir communiquer sur ce que nous faisons pour le Site du Zéro et Newbies Paradise, nous espérons aussi éveiller la curiosité de certains d’entre vous et peut-être susciter chez vous un intérêt pour la création d’entreprise. Ben oui, il n’y aurait pas de raisons qu’on soit les seuls à en baver. :p

Et puis, qu’on ne nous fasse pas dire ce que nous n’avons pas dit : nous trouvons ce que nous faisons passionnant. C’est pour cela que nous le faisons. Nous y trouvons certainement autant d’avantages que d’inconvénients.

En fait, un créateur d’entreprise est bien plus proche d’un salarié qu’on ne le croit. Tous deux ont leurs lots de soucis, des craintes et des raisons d’apprécier ce qu’ils font. Ils perçoivent juste ces choses-là avec un angle différent. Nous espérons, par le biais de ce blog, vous donner une bien meilleure idée de notre angle de vue du monde du travail, trop méconnu d’après ce que nous avons pu constater. Et, pourquoi pas, découvrir tous ces points que nous avons en commun, que vous soyez étudiant, salarié ou vous aussi créateur d’entreprise.

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